A l'affiche en novembre et décembre 2016

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Olli Mäki

Un film de Juho Kuosmanen
Avec Jarkko Lahti, Oona Airola, Eero Milonoff
Finlande, 2016, 1h32, vostf
Prix Un certain regard
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Été 1962, Olli Mäki prétend au titre de champion du monde poids plume de boxe. De la campagne finlandaise aux lumières d’Helsinki, on lui prédit un avenir radieux. Pour cela, il ne lui reste plus qu’à perdre du poids et à se concentrer. Mais il y a un problème - Olli est tombé amoureux de Raija.
Non : Olli Mäki n’est pas un film sur la boxe. Sur le ton d’une douce chronique intimiste, ce biopic du célèbre boxeur finlandais Olli Mäki, « le boulanger de Kokkola », est une critique féroce du culte de la compétition, du dépassement de soi et de la société du spectacle, mais aussi et surtout un film sur les choix de vie : l’histoire d’un type qui choisit de vivre selon ses désirs plutôt que de se plier aux fantasmes d’autrui.
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Séances : jeudi 3 novembre à 18h et 20h30, samedi 5 novembre à 16h, dimanche 6 novembre à 20h30, lundi 7 novembre à 18h et 20h30, jeudi 10 novembre à 18h, vendredi 11 novembre à 18h au cinéma Les Lobis.

Séances précédées du court métrage Tourette et Péroné de Justine et Germain Pluvinage (4 min), avec Corine "Louise Wimmer" Masiero et son époux, proposé par Ciclic et Ciné’fil.
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« Un film vraiment charmant » Les Inrocks >>

« Ce premier long-métrage, couronné du prix Un certain regard au dernier Festival de Cannes, déploie, dans un noir et blanc superbe, une histoire d’une simplicité désarmante. » Bande à part >>

Voir la jolie revue de presse >>
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Dans le cadre de


Cap sur la Chine,


au cinéma Les Lobis


du 9 au 15 novembre :


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Ta’ang

Un film de Wang Bing
Chine, Hong-Kong, France, 2016, 2h27, vostf
Ce film s'inscrit dans le cadre du Mois du documentaire et de la Semaine de la solidarité internationale.

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Les Ta’ang, minorité ethnique birmane, sont au cœur d’une guerre civile à la frontière chinoise. Depuis début 2015, de violents conflits ont contraint des milliers d’enfants, de femmes et de personnes âgées à s’exiler en Chine.

L’exil est, par essence, un sujet de cinéma. La crise actuelle, le « partir » des Rendez-vous de l’histoire nous ont abreuvés d’images, souvent de qualité, de la périlleuse Méditerranée à la sinistre côte de la Manche. Alors pourquoi  un film de plus sur des migrants ? D’abord parce que Ta’Ang décentre le problème, ici pas d’assaut de la forteresse Europe mais une jungle tropicale, à la frontière sino-birmane ou les Ta'Ang, minorité ethnique de Birmanie, sont au cœur d'une guerre civile qui les pousse à passer la frontière chinoise. Ensuite parce que Wang Bing par son parti pris de saisir les scènes dans la durée, composant son cadre sans préméditation, dans une réactivité instantanée à ce qui se passe sous ses yeux qui deviennent les nôtres, nous donne à ressentir de manière physique la condition de l’exilé. Comme les Ta’Ang nous sommes perdus, nous ne comprenons pas ce qui se passe mais nous entendons au loin le bruit angoissant des tirs, en bref nous devenons des animaux traqués, ne sachant plus si nous devons avancer ou reculer.  Et notre unique lien avec nos proches, qu’ils soient restés au village, loin derrière nous, ou qu’ils aient passé la frontière avant nous, c’est, sortant de nos habits traditionnels d’un autre temps, le téléphone portable. Et les conversations téléphoniques sont les moments où se noue le drame, où nous prenons conscience de notre éloignement, du danger de ne pas les revoir. Et après avoir repris nos habits occidentaux, au sortir du cinéma,  dans la rue nous avons le sentiment d’être encore un peu Ta’Ang.

Séances : jeudi 10 novembre à 20h30, dimanche 13 novembre  à 20h30, lundi 14 novembre à 18h au cinéma Les Lobis.
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« Wang Bing porte un autre regard sur les réfugiés » Accreds.fr >>

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Lire un entretien avec Wang Bing >>
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Kaili Blues

Un film de Gan Bi
Avec Feiyang Luo, Lixun Xie, Yongzhong Chen
Chine, 2015, 1h50, vostf

Les aventures à la lisière du songe d’un médecin de campagne sur les traces d’un petit garçon au fin fond humide et tropical de la Chine. Un film hors norme, d'une puissance chamanique par un jeune auteur de 26 ans ! Bonne nouvelle : un cinéaste est né !

Chen est médecin dans une petite clinique de Kaili, ville brumeuse et humide de la province subtropicale du Guizhou. Il a perdu sa femme lorsqu'il était en prison pour avoir servi dans les triades. Aujourd'hui, il s'occupe de Weiwei, son neveu, qu'il aimerait adopter. Lorsqu’il apprend que son frère a vendu Weiwei, Chen décide de partir à sa recherche. Sur la route, il traverse un village étrange nommé Dangmai, où le temps n’est plus linéaire. Là, il retrouve des fantômes du passé et aperçoit son futur... Il est difficile de savoir si ce monde est le produit de sa mémoire, ou s'il fait simplement partie du rêve de ce monde.

La caméra, qui navigue dans l’espace-temps comme pour prendre de vitesse le fil du récit, emboitant le pas d’un personnage pour soudain le dépasser, emprunter un raccourci puis sagement l’attendre, la voix off qui ponctue le récit de fulgurances poétiques font de ce projet à la fois modeste dans le propos et totalement immodeste dans l’ambition stylistique un film singulier et marquant qui appelle des visions multiples. Vous allez assister à l’éclosion d’un cinéaste majeur d’une espère plutôt rare : celle des poètes.

Séances : samedi 12 novembre à 16h, lundi 14 novembre à 20h45, jeudi 17 novembre à 18h au cinéma Les Lobis.
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« Dans son premier film, le Chinois Bi Gan éblouit par sa virtuosité, explorant territoire magique et vertiges temporels. Une révélation. » Libération >>
« D’une puissance chamanique. Le premier film, d’une force stupéfiante, d’un auteur de 26 ans. »
Les Inrocks >>

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Jodorowsky’s Dune

Un film de Frank Pavich
Avec Alejandro Jodorowsky, Michel Seydoux, H.R. Giger...
Etats-Unis, 2013, 1h25, vostf
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Dans le cadre de la 33e édition du festival bdBOUM, les 18, 19 et 20 novembre et du Mois du documentaire.
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En 1975, le producteur français Michel Seydoux propose à Alejandro Jodorowsky une adaptation très ambitieuse de Dune au cinéma. Ce dernier, déjà réalisateur des films cultes El Topo et La Montagne sacrée, accepte. Il rassemble alors ses "guerriers" artistiques, dont Jean Giraud (Moebius), Dan O'Bannon, Hans-Ruedi Giger et Chris Foss qui vont être de toutes les aventures cinématographiques de science-fiction de la fin du siècle (Star Wars, Alien, Blade Runner, Total Recall etc.). Le casting réunit Mick Jagger, Orson Welles, Salvador Dali, David Carradine ou Amanda Lear, mais également son jeune fils Brontis Jodorowsky, Pink Floyd et Magma acceptent de signer la musique du film… L'équipe de production recherche 5 millions de dollars pour finaliser le budget et se heurte à la peur des studios hollywoodiens qui craignent le tempérament de Jodorowsky...

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« Un documentaire passionnant sur l’un des plus grands films «  jamais » réalisés. L’histoire de pionniers, aventuriers et guerriers de l’art, qui partirent à l’assaut de leurs rêves et se heurtèrent à la méfiance du système et de l’argent. » Arte >>
Fans de cinéma, fans de Jodorowsky, fans de Jean « Moebius » Giraud, fans de Frank Herbert, fans de cinéma, fans de science-fiction, fans de démesure baroque, mystique et visionnaire  : courez voir « Jodorowsky’s Dune » !
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Séances : jeudi 17 novembre à 20h30, vendredi 18 novembre à 18h, samedi 19 novembre à 16h, dimanche 20 novembre à 20h30, lundi 21 novembre à 18h et 20h30, vendredi 25 novembre à 18h au cinéma Les Lobis.
Séances précédées du court métrage Slow disco (un film de 24 mensonges par seconde) sur une idée originale de Bruno Bochard (5 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.
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Bande annonce et téléchargements >>
Présentation par le "Fossoyeur du film" et interview de Brontis Jodorowsky >>


Mr Gaga,


sur les pas d’Ohad Naharin

Un film de Tomer Heymann
Avec Ohad Naharin
Israël, 2015, 1h39, vostf
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Séance précédée d’un Café historique* vendredi 25 novembre à 18h30 et suivi d'un buffet moyen oriental**.
Film présenté en écho au spectacle "Archive" d'Arkadi Zaides (danse documentaire et engagée jeudi 24 novembre à 20h30 à la Halle aux Grains - Scène Nationale), dans le cadre du Mois du documentaire, et en partenariat avec les Rendez-vous de l’histoire.

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L’histoire fascinante d'Ohad Naharin, célèbre chorégraphe de la Batsheva Dance Company, dont les performances dégagent une puissance et une beauté inégalées. Le film nous dévoile le processus créatif d'un chef de file incontesté de la danse contemporaine, l’invention d’un langage chorégraphique unique et d’une technique de danse hors-norme appelée "Gaga". Cette chorégraphe, en plus de libérer la danse dénonce depuis des années les dérives politiques de son pays. « Je vis dans un pays gagné par le racisme, la brutalité, l’ignorance, un mauvais usage de la force, le fanatisme. Cela s’exprime dans la façon dont nous avons choisi notre gouvernement […] Un gouvernement qui ne met pas seulement en danger mon travail d’artiste, mais le fait même d’exister ici, dans ce pays que j’aime tant ».
Des racines de sa vocation à son accession à la gloire : des performances captées avec une énergie cinématographique contagieuse jusqu'au vertige, la splendeur gymnique, politique, poétique de son travail laisse des traces indélébiles. Pleurer devant un documentaire ? Eh bien, oui ! Laissez-vous transporter vous ne le regretterez pas ! C’est une formidable invitation à danser.
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Séances : jeudi 24 novembre à 18h, vendredi 25 novembre 21h*, samedi 26 novembre 16h, dimanche 27 novembre 20h30, lundi 28 novembre 18h et 20h30, vendredi 2 décembre 18h au cinéma Les Lobis.

*Café historique vendredi 25 novembre à 18h30 au bar des Lobis :
« Israël / Palestine : l’illusion de la séparation »

Par Cédric Parizot, chercheur à l’Institut de Recherches et d’Etudes sur le Monde Arabe et Musulman (IREMAM – CNRS, Aix Marseille Université), coordinateur du programme antiAtlas des frontières (www.antiatlas.net)
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Depuis les accords d’Oslo de 1995, s’est opéré un redéploiement du régime d’occupation israélien des Territoires Palestiniens. Quels acteurs implique-t-il ? Comment à l’ombre du mur de séparation fonctionne-t-il ? Comment envisager les nouvelles trajectoires du conflit ?
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**Buffet moyen oriental après le café historique et avant la projection, entre 20h et 21h.
Sur réservation uniquement : Cet adresse mail est protégé contre les spambots. Vous avez d'activer le javascript pour la visualiser. (8€, boisson offerte).
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Revue de presse >>



Dans le cadre de


Cap sur le Monde,


au cinéma Les Lobis


du 30 novembre

 

au 5 décembre :


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Soy Nero

Un film de Rafi Pitts
Avec Johnny Ortiz, Rory Cochrane...
Allemagne, France, Mexique, 2016, 1h57, vostf
Sélection officielle, Berlin 2016
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Présenté en partenariat avec Les Lobis, dans le cadre de Cap sur le Monde. Certaines séances sont présentées par Thierry Méranger, critique aux Cahiers du cinéma et programmateur du festival Cap sur le Monde.

Nero a 19 ans, il a grandi aux Etats-Unis puis s’est fait déporter au Mexique. Etranger dans le pays de ses parents, il est décidé à repasser la frontière coûte que coûte.
Il parvient enfin à retrouver son frère, Jesus, qui vit à Los Angeles. Pour échapper à la vie de misère à laquelle le condamne sa condition de clandestin, sa dernière chance pour devenir américain est de s’engager dans l’armée. Nero rejoint le front des green card soldiers.

Voilà six ans, l’acteur-réalisateur Rafi Pitts, né en Iran en 1967 d’une mère autochtone et d’un père anglais, réalisait The Hunter, qui lui valu une double interdiction : celle de revenir sur le territoire, comme celle d’y projeter ses films.
« C’est de cette condition d’apatride que traite Soy Nero, son nouveau film, lui-même sans port d’attache, puisqu’il se déroule entre le Mexique, les États-Unis et le Moyen-Orient. [...] Le film commence comme beaucoup de récits sur les flux migratoires entre le Sud et le Nord, en s’accrochant aux basques de son héros, et l’on craint qu’il ne déroule les étapes d’une telle traversée, comme une simple suite de péripéties. Mais la frontière que traverse Nero fait apparaître sa double nature réelle et fantasmatique [...]. L’esthétique nous déplace alors dans le registre de la fable, dans le flou complet que recouvre toute notion d’identité dans le contexte géopolitique actuel. » Le Monde >>

Séances : jeudi 1er décembre à 18h*, samedi 3 décembre à 14h*, dimanche 4 décembre à 20h30, lundi 5 décembre à 18h et 20h30, vendredi 9 décembre à 18h au cinéma Les Lobis.
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Entretien avec Raffi Pitts et bande annonce >>

Le Voyage au Groenland
#cee

Un film de Sébastien Betbeder
Avec Thomas Blanchard, Thomas Scimeca...
France, 2016, 1h538
En sélection Acid, Cannes 2016
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Rencontre avec Sébastien Betbeder, réalisateur, jeudi 1er décembre à 20h30 présentée par Les Lobis, Ciné'fil et l'Acid dans le cadre de Cap sur le Monde.

Thomas et Thomas cumulent les difficultés. En effet, ils sont trentenaires, parisiens et comédiens... Un jour, ils décident de s’envoler pour  l’un des villages les plus reculés du Groenland où vit le père de l’un d’eux. Au sein de la petite communauté inuit, ils découvriront les joies des traditions locales et éprouveront leur amitié.

« Le Voyage au Groenland est un film lumineux où l’émotion est d’autant plus forte qu’elle sourd d’un subtil décentrement du quotidien. Variation betbederienne autour de ses figures de paumés perchés, l’épopée drolatique de Thomas et Thomas, jeunes gens lunaires parachutés sur une terre lunaire, se déroule sous le patronage conjoint du philosophe Jankélévitch et du dessinateur de BD Hergé.
Sous les auspices malicieux du premier, un je-ne-sais-quoi flotte comme un charme dans ce village inuit [...]. La luminosité particulière de ce territoire gelé éclaire le tragique familier de leur précarité et de leur maturité indécise de façon plus aigüe qu’observées dans leur écosystème habituel. [...] Quand ni la langue de l’autre ni ses codes ne sont intelligibles, quand la proximité amicale obture la connaissance de l’autre (l’autre comme le même, c’est l‘ignorance de l’autre), l’altérité devient miroir et l’expérience de l’amitié se déploie, aussi paradoxalement que la relation au père se tisse dans la distance pudique.
[...] Le voyage excelle à déployer la palette des rêveries douces-amères des deux héros. Merveilleux comédiens, très contemporains dans l’incertitude de leur statut social et affectif, Thomas Blanchard et Thomas Sciméca résistent au tragique familier avec une mélancolie souriante et une légèreté élégante. Ils distillent une émotion de haute intensité et s’en reviendront de cette contrée au froid revigorant avec avec une maturité nouvelle. » Cati Couteau (membre de l’Acid) >>

En savoir plus >>


La Mort de Louis XIV

Un film d’Albert Serra
Avec Jean-Pierre Léaud, Patrick d'Assumçao, Marc Susini
Espagne, France, 2015, 1h45
En sélection officielle, Cannes 2016
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Août 1715. À son retour de promenade, Louis XIV ressent une vive douleur à la jambe. Les jours suivants, le Roi poursuit ses obligations mais ses nuits sont agitées, la fièvre le gagne. Il se nourrit peu et s'affaiblit de plus en plus. C’est le début de la lente agonie du plus grand roi de France. À son chevet, dans la pénombre de la chambre éclairée de bougies, circulent à bas bruit les valets, médecins, ministres, courtisans... Un film de murmures et de chuchotements dont la beauté picturale, sous la patte et le cadre de Serra, rappelle les tableaux de Rembrandt. On pense à « La leçon d'anatomie du docteur Tulp ».

Dans ce quatrième opus sur des grandes figures de l'histoire (après les Rois mages, Don Quichotte, Casanova et Dracula), Albert Serra poursuit son œuvre mais cette fois sur les derniers jours du Roi Soleil. Il s'inspire de faits historiques, de certains dialogues issus des mémoires de Saint Simon et s'en échappe librement, subtilement, travaillant la matière jusqu'à l'épure. Les murmures de la cour couvrent les râles du roi tandis que se succèdent les médecins penchés sur sa jambe gangrenée. Le roi se meurt et La Sorbonne est à ses pieds, universitaires, charlatans, médecin officiel, tous s'interrogent, impuissants. Faut-il amputer ? Est-ce que perdre une jambe, c'est tout le corps qui tombe qui plus est celui d'un roi ? Les théories les plus folles se confrontent dans l'ironie du sort. Puis, les dialogues se font rares et on entend les frottements des tissus, le chant des oiseaux en été, les chuchotements, les soupirs... Des perceptions pures, entièrement créées par la magie cinématographique de Serra nous ramènent à cet espace temps des lumières. Nous sommes presque à côté du roi… Léaud.
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Séances : jeudi 8 décembre à 18h et20h30, samedi 10 décembre à 16h, dimanche 11 décembre à 20h30, lundi 12 décembre à 18h et 20h30, vendredi 16 décembre à 18h au cinéma Les Lobis.
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Swagger

Un film d’Olivier Babinet
Avec Aïssatou Dia, Mariyama Diallo, Abou Fofana...
France, 2016, 1h24
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Rencontre avec Olivier Babinet réalisateur lundi 19 décembre à 20h30 proposée en partenariat avec l’Acid et avec le soutien d’Enedis et Cultures du coeur 41.

Swagger nous transporte dans la tête de onze enfants et adolescents aux personnalités surprenantes, qui grandissent au coeur des cités les plus défavorisées de France. Le film nous montre le monde à travers leurs regards singuliers et inattendus, leurs réflexions drôles et percutantes. En déployant une mosaïque de rencontres et en mélangeant les genres, jusqu’à la comédie musicale et la science-fiction, Swagger donne vie aux propos et aux fantasmes de ces enfants d’Aulnay et de Sevran. Car, malgré les difficultés de leur vie, ils ont des rêves et de l’ambition. Et ça, personne ne leur enlèvera.

« On va pas percer, on va déchirer !!! C’est un post prophétique qui irradie tout le film.
Et ils déchirent ces jeunes d’Aulnay-sous-Bois dans le documentaire-écrin d’Olivier Babinet qui les sublime et prend le contre-pied des représentations éculées que l’on nous sert habituellement sur les jeunes de banlieue. Devant la caméra, Régis, Naïla, Nazario, Aïssatou, Paul et les autres envahissent l’écran et construisent la représentation qu’ils se font d’eux-mêmes. À rebours des clichés, ils déchirent les idées reçues... Et avec une grande habileté, le cinéaste fait honneur à leur lucidité, leur fantaisie, la subtilité de leur humour et la finesse de leur analyse. Dans les couloirs du collège Claude Debussy, chez eux et au dehors ils parlent d’amitié, d’amour, de leurs peurs, du quotidien, de l’avenir... Ils rêvent sans oublier la cité, la violence sociale, le racisme, l’exil. Une galaxie de personnalités aussi riches que diverses coexistent, des plus flamboyantes aux plus discrètes [...]. Jamais de misérabilisme ni de naturalisme. La parole de ces ados est recueillie et mise en scène, le film en est l’unique réceptacle. Mais Olivier Babinet joue avec le groupe et y met toute la magie qu’offre le cinéma qui nous permet de plonger dans la ville, de passer par les fenêtres pour aller au chevet d’une jeune fille endormie, au mépris des pesanteurs. Le cinéaste matérialise leur univers intérieur, leur offre l’espace de le représenter à la hauteur de leur imaginaire. Et le plaisir qu’ils ont à faire du cinéma nous gagne. [...] Et malgré le contexte difficile qui n’est pas évacué, ils sont debout, pleinement vivants, beaux, intelligents, lucides, drôles. Ils ont de quoi bomber le torse, ces swaggers (*fanfarons en français) ! »

Émilie Brisavoine et Régis Sauder, cinéastes, membres de l’Acid

Séances : jeudi 15 décembre à 18h, samedi 17 décembre à 16h, lundi 19 décembre à 20h30*, jeudi 22 décembre à 20h30, vendredi 23 décembre à 18h, dimanche 25 décembre à 20h30, lundi 26 décembre à 18h, vendredi 30 décembre à 18h au cinéma Les Lobis.

Séances précédées du court métrage Voilà, c’est tout de Valérie Mréjen (6 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.
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Tout savoir (bande annonce, revue de presse, téléchargements...) >>
Et même un peu plus >>
Ici Olivier Babinet parle du film >>

 



 

Exotica, erotica, etc.

Un film d’Evangelia Kranioti
France, 2015, 1h13, vostf

L’océan et les ports, lieux de désir.
Là où se croisent cargos, container géants, hommes qui voyagent et femmes qui espèrent. Sandy, ancienne prostituée chilienne tisse avec ferveur et poésie le récit de ses amours passées. A l’autre bout du monde, Yorgos, ancien capitaine grec, lui fait écho en méditant sur la vie des marins faite de départs. Par mémoires interposées les deux s’engagent dans un dialogue au-delà des frontières géographiques et temporelles.
Embarquée à bord des navires de la marine marchande grecque, l'artiste Evangelia Kranioti a parcouru la Méditerranée jusqu’à la Mer Noire, voyagé de l’Atlantique au Pacifique, du Pôle nord au détroit de Magellan. Exotica, Erotica, Etc. réalisé lors de douze traversées et dans vingt pays est une déclaration d’amour à ces femmes et hommes oubliés, dont les trajectoires marginales et la solitude sont paradoxalement essentielles à l’existence même de nos sociétés.

Ce film-rêve nous invite à prendre un chemin de traverse afin d’y découvrir un cinéma vibrant et formellement audacieux. De ces voyages au long cours, sort un film atypique traversé par une immense fulgurance cinématographique. Un film où l’on retrouve parfois des accents mythologiques, les deux personnages principaux n’étant pas sans nous rappeler Ulysse et Pénélope. La cinéaste signe ici une œuvre singulière, entre documentaire et fiction, et parvient à capter cette nécessité qui pousse les uns à partir et les autres à attendre. Elle entrecoupe son propos d’images de cargos monstrueux, modernes Léviathans ; de docks illuminés, de créatures nocturnes, de femmes alanguies… Un documentaire-poème, une magnifique invitation à la rêverie !

Séances : jeudi 15 décembre à 20h30, dimanche 18 décembre à 20h30, lundi 19 décembre à 18h, jeudi 22 décembre à 18h, samedi 24 décembre à 16h, lundi 26 décembre à 20h30 au cinéma Les Lobis.

Séances précédées du court métrage Fuck l’amour de François Zabaleta (6 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.

Bande annonce et téléchargement >>
Entretien avec la réalisatrice >>