A l'affiche en janvier et février 2017

.
.

The Music of Strangers

Un film de Morgan Neville
Avec Yo-Yo Ma, Keyhan Kalhor, Cristina Pato...
États-Unis, 2015, 1h36, vostf

.
Avec humour, tendresse et émotion, The Music of Strangers nous raconte l’histoire de personnes exceptionnelles de talent, d’humilité et de générosité, des musiciens prodigieux venus du monde entier et rassemblés à l’initiative de Yo-Yo Ma.

Des plus grandes salles de concert européennes aux camps de réfugiés de Jordanie, des rives du Bosphore aux montagnes chinoises, ces virtuoses unissent leur art et leurs cultures et font la démonstration qu'avec des idées simples et des convictions fortes, on peut changer le monde.
.

Quelle place pour la musique dans un monde qui titube, où les gouvernements s’effondrent? Est-ce que la musique peut arrêter une balle? demande un des musiciens invités par Yo Yo Ma, le grand violoncelliste sino-américain qui a réuni des musiciens du monde entier pour créer le projet « Silk road ». Celui-ci est né du désir de combler le fossé entre musique orientale et musique occidentale, en inventant une nouvelle langue musicale colorée et innovante. Depuis 2000 le groupe a joué dans trente-trois pays, poursuivant sans cesse l’expérience de la musique comme moyen de communication entre les cultures du monde entier pour réunir les gens dans leurs différences.
Dans ce documentaire qui sait aussi capturer la magie du spectacle, on rencontre Kayhan Kalhor l’iranien joueur de kamancheh, sorte de vielle persane. Aujourd’hui exilé aux États-Unis, il ne peut rentrer en Iran car il craint la répression. Encore récemment, son concert à Téhéran a été annulé, les autorités évoquant des enjeux sécuritaires.
Il y a Wu Ma, l’inventive et virtuose chinoise joueuse de pipa, exilée aux États Unis après les massacres de la place Tian’anmen, Kinan Azmeh clarinettiste syrien qui apprend la musique à des enfants d’un camp de réfugiés, la fascinante Cristina Pato, sonneuse de gaita, la cornemuse galicienne...
Un documentaire lumineux, d’une vitalité incroyable, qui témoigne de la quête incessante de tous ces musiciens magnifiques: rechercher à la fois leur identité en constante évolution, leur racines en puisant dans ce qui est universel parce qu’à l’intersection des cultures naissent de nouvelles idées.
..

Séances : jeu 5/01 à 18h et 20h30, ven 6/01 à 18h, sam 7/01 à 16h, dim 8/01 à 20h30, lun 9/01 à 18h, ven 13/01 à 18h au cinéma Les Lobis.
Séances précédées du court métrage La Salle de ciné de François Vogel (1 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil


Bande annonce et téléchargements >>
Dossier de presse >>
Entretien de Positif avec Yo Yo Ma >>





Hedi, un vent de liberté

Un film de Mohamed Ben Attia
Avec Majd Mastoura, Rym Ben Messaoud, Sabah Bouzouita...
Tunisie, Belgique, France, 2016, 1h33, vostf
Prix du meilleur premier film et Ours d’argent du meilleur acteur, Berlinale 2016

Kairouan en Tunisie, peu après le printemps arabe. Hedi est un jeune homme sage et réservé. Passionné de dessin, il travaille sans enthousiasme comme commercial. Bien que son pays soit en pleine mutation, il reste soumis aux conventions sociales et laisse sa famille prendre les décisions à sa place. Alors que sa mère prépare activement son mariage, son patron l’envoie à Mahdia à la recherche de nouveaux clients. Hedi y rencontre Rim, animatrice dans un hôtel local, femme indépendante dont la liberté le séduit. Pour la première fois, il est tenté de prendre sa vie en main.
.

L’an dernier dans le film À peine j’ouvre les yeux, une jeune femme tunisienne crevait l’écran, exprimant avec fièvre par son chant contestataire, son envie de liberté, dans une société qui la bridait par son obscurantisme et son contrôle. Un nouveau film tourné dans la Tunisie post-révolution nous propose cette année le portrait d’un homme cette fois, qui découvre, grâce à une femme, son envie d’indépendance et de liberté.
Mohamed Ben Attia filme avec finesse l’évolution de son personnage, dans sa banalité quotidienne, et comment progressivement les petites audaces de l’aventure amoureuse lui révèlent son ressort profond d’individu, plein de potentialités nouvelles. Comme une parabole de la jeunesse tunisienne aspirant à vivre autrement, refusant une éducation rétrograde et bâillonnée, cette «éclosion intérieure» se déploie dans une «sensualité discrète» (Les Cahiers du cinéma) et accomplit de façon émouvante et modeste une conquête de la vie elle-même.
.

Séances : jeu 12/01 à 18h et 20h30, sam 14/01 à 16h, dim 15/01 à 20h30, lun 16/01 à 18h, jeu 19/01 à 18h, ven 20/01 à 18h et le 27/01 à 18h au cinéma Les Lobis.
Séances précédées du court métrage
37°4 S d'Adriano Valerio (12 min) , proposé par Ciclic et Ciné’fil


Article du Monde
>>
Entretien RFI avec le réalisateur >>
Bande annonce et téléchargements >>


Food Coop

Un film de Tom Boothe

États-Unis, 2016, 1h37, vostf
Séance suivie d’une discussion avec Tom Boothe, réalisateur et co-fondateur de La Louve (supermarché coopératif) et un enseignant de l’école de la Nature et du Paysage, mardi 17 janvier à 20h30 au cinéma Les Lobis, dans le cadre des discussions de la Chocolaterie sur le thème « Le parti du partage ? » en partenariat avec l’école de la nature et du paysage INSA-CVL, le CAUE41, Studio ZEF et le collectif Disco soupe 41. Rendez-vous devant le cinéma dès 17h pour participer à une disco-soupe.
.
En pleine crise économique, dans l’ombre de Wall Street, une institution qui représente une autre tradition américaine est en pleine croissance. C’est la coopérative alimentaire de Park Slope, un supermarché autogéré où 16 000 membres travaillent 3 heures par mois pour avoir le droit d’y acheter les meilleurs produits alimentaires dans la ville de New York aux prix on ne peut moins chers.
Cette entreprise serait-elle un modèle possible pour l’avenir ? Un modèle né outre-atlantique, dans les terres du capitalisme triomphant, et exportable ailleurs ?
Voilà aussi un documentaire qui raconte une histoire, tellement originale qu’on croirait une fiction. Voilà un réalisateur qui filme à en oublier qu’il n’est pas en formation pour devenir épicier ! Voilà un montage rythmé et vigilant qui nous questionne sur notre société et le monde du travail. En savoir plus sur le film >>

En savoir plus sur les discussions de la Chocolaterie >>
Réserver >>



.


Aquarius

Un film de Kleber Mendonça Filho
Avec Sonia Braga, Maeve Jinkings, Irandhir Santos...
Brésil, France, 2016, 2h25, vostf
En compétition officielle, Cannes 2016
Proposé en partenariat avec le cinéma Les Lobis dans le cadre du 20e Festival Télérama.
La place est à 3,50€ sur présentation de la carte Pass (valable pour 2 personnes), à découper dans les Télérama des semaines du 11 et du 18 janvier 2017.
En savoir plus >> (en ligne prochainement)

Clara, la soixantaine, ancienne critique musicale, est née dans un milieu bourgeois de Recife, au Brésil. Elle vit dans un immeuble singulier, l'Aquarius construit dans les années 1940, sur la très huppée Avenida Boa Viagem qui longe l’océan. Un important promoteur a racheté tous les appartements mais elle, se refuse à vendre le sien. Elle va rentrer en guerre froide avec la société immobilière qui la harcèle. Très perturbée par cette tension, elle repense à sa vie, son passé, ceux qu’elle aime.

« À la plage ou dans sa cuisine, elle se déplace comme une déesse athlétique. Veuve olympienne d'une soixantaine d'années, mère de trois enfants désormais grands, Clara vit seule, à Recife, ville du nord-est du Brésil, dans un grand appartement, face à la mer. Ce lieu est pour elle chargé d'histoires et de souvenirs, qui affleurent parfois, en flash-back apaisants. Aujourd'hui, l'appartement est tapissé d'une collection impressionnante de vinyles : la musique est la passion de Clara, elle en a fait son métier, elle a été critique, a écrit des livres. A toute heure du jour ou de la nuit, saisir tel disque de bossa-nova, de pop ou de rock, poser le saphir, écouter religieusement son morceau et danser seule au milieu du salon font partie de ses multiples plaisirs. Menacés. Car Clara doit faire face au harcèlement constant voire à l'intimidation d'un promoteur immobilier qui a racheté tous les autres appartements de l'immeuble, désormais désert. De propositions alléchantes, elle ne veut pas entendre parler. Au risque de passer pour une folle, ce qu'elle veut, c'est rester ici.
.
Deuxième long métrage de Kleber Mendonça Filho, Aquarius instaure un climat de tension captivant, à la lisière du fantastique, sinon du mauvais rêve. Le talentueux cinéaste a repris une part du dispositif à l'oeuvre dans Les Bruits de Recife, qui quadrillait un quartier résidentiel flambant neuf et hyper sécurisé. Cette fois, il s'est focalisé sur un personnage central de la classe moyenne aisée et éclairée, Clara. Ce qu'il décrit, avec minutie, ce sont ses relations, les liens qu'elle entretient avec son passé, sa famille, ses amies, son employée de maison, le voisinage, les rencontres d'un soir. Un portrait tout en subtilité, exécuté par touches sensuelles, mais aussi implacables : ce plan fugitif dans la salle de bains, révélant un sein amputé, après un cancer. Hier malade, marquée par diverses épreuves, cette mère orgueilleuse continue malgré tout de jouir de la vie, n'hésitant pas à faire appel à un gigolo. Une femme forte, donc, non dépourvue d'égoïsme et d'obstination ? Le portrait, riche d'ambiguïté, n'est pas que flatteur.
Entre chronique, douce divagation et guerre froide, la force du film est de dépasser la situation individuelle de Clara pour une allégorie plus large, sociale et politique, de la société brésilienne contemporaine — ses mutations comme ses immobilismes. Aquarius montre bien comment la spéculation et la corruption gangrènent les fondations du pays, divisent, engendrent de nouvelles formes de domination insidieuse. Sur l'agressivité du libéralisme, sa façon de faire table rase en obéissant à une vision à court terme, le cinéaste fait mouche, sans céder à la démonstration. Qu'il y ait conflit ou concorde, moments de solitude ou de joie collective, sa mise en scène est pareillement fluide.
.
Ce n'est pas un hasard si le cinéaste a choisi Sonia Braga, objet de fierté nationale, sex-symbol hier avec des films comme Dona Flor et ses deux maris, pour incarner à la fois la liberté et l'union. Elle est parfaite, osant se mettre à nu, se montrant tour à tour voluptueuse et intraitable. » Télérama

« Kleber Mendonça Filho tisse le magnifique portrait d’une société brésilienne malade et d’une femme debout contre la rapacité capitaliste. Sonia Braga y resplendit. » Libération
.

Séances : jeu 19/01 à 20h30, sam 21/01 à 16h, dim 22/01 20h30, lun 23/01 à 18h au cinéma Les Lobis.
.
Dossier de presse >>
Bande annonce et téléchargements >>
« Le film Aquarius interdit aux moins de 18 ans au Brésil » par Télérama >>


Swagger

Un film d’Olivier Babinet
Avec Aïssatou Dia, Régis Marvin Merveille N’Kissi Moggzi, Paul Turgot...
France, 2016, 1h24
Séance unique samedi 28 janvier à 16h à l’occasion de « la Nuit de la SAPE à Bloizzaville » organisé par la Halle aux Grains - Scène Nationale. En savoir plus >>

Swagger nous transporte dans la tête de onze enfants et adolescents aux personnalités surprenantes, qui grandissent au coeur des cités les plus défavorisées de France. Le film nous montre le monde à travers leurs regards singuliers et inattendus, leurs réflexions drôles et percutantes. En déployant une mosaïque de rencontres et en mélangeant les genres, jusqu’à la comédie musicale et la science-fiction, Swagger donne vie aux propos et aux fantasmes de ces enfants d’Aulnay et de Sevran. Car, malgré les difficultés de leur vie, ils ont des rêves et de l’ambition. Et ça, personne ne leur enlèvera !

« On va pas percer, on va déchirer !!! C’est un post prophétique qui irradie tout le film.
Et ils déchirent ces jeunes d’Aulnay-sous-Bois dans le documentaire-écrin d’Olivier Babinet qui les sublime et prend le contre-pied des représentations éculées que l’on nous sert habituellement sur les jeunes de banlieue. Devant la caméra, Régis, Naïla, Nazario, Aïssatou, Paul et les autres envahissent l’écran et construisent la représentation qu’ils se font d’eux-mêmes. À rebours des clichés, ils déchirent les idées reçues... Et avec une grande habileté, le cinéaste fait honneur à leur lucidité, leur fantaisie, la subtilité de leur humour et la finesse de leur analyse. Dans les couloirs du collège Claude Debussy, chez eux et au dehors ils parlent d’amitié, d’amour, de leurs peurs, du quotidien, de l’avenir... Ils rêvent sans oublier la cité, la violence sociale, le racisme, l’exil. Une galaxie de personnalités aussi riches que diverses coexistent, des plus flamboyantes aux plus discrètes [...]. Jamais de misérabilisme ni de naturalisme. La parole de ces ados est recueillie et mise en scène, le film en est l’unique réceptacle. Mais Olivier Babinet joue avec le groupe et y met toute la magie qu’offre le cinéma qui nous permet de plonger dans la ville, de passer par les fenêtres pour aller au chevet d’une jeune fille endormie, au mépris des pesanteurs. Le cinéaste matérialise leur univers intérieur, leur offre l’espace de le représenter à la hauteur de leur imaginaire. Et le plaisir qu’ils ont à faire du cinéma nous gagne. [...] Et malgré le contexte difficile qui n’est pas évacué, ils sont debout, pleinement vivants, beaux, intelligents, lucides, drôles. Ils ont de quoi bomber le torse, ces swaggers (*fanfarons en français) ! » Émilie Brisavoine et Régis Sauder, cinéastes, membres de l’Acid
.

Tout savoir (bande annonce, revue de presse, téléchargements...) >>
Et même un peu plus >>
Ici Olivier Babinet parle du film >>



Le programme complet >>

 



 

Jours de France

Un film de Jérôme Reybaud
Avec Pascal Cervo, Arthur Igual...
France, 2016, 2h17
Avant-première en présence de Jérôme Reybaud réalisateur lundi 6 février à 20h30 au cinéma Les Lobis, en partenariat avec Ciclic, dans le cadre du festival Désir... Désirs. En savoir plus >>
.

Au petit matin, Pierre quitte Paul. Au volant de son Alfa Roméo, il traverse la France, ses plaines, ses montagnes, sans destination précise. Pierre utilise Grindr, une application de son téléphone portable qui recense et localise pour lui les occasions de drague. Mais Paul y a recours aussi pour mieux le suivre. Au terme de quatre jours et quatre nuits de rencontres, sexuelles ou non, parviendront-ils à se retrouver ?


Cette dérive sentimentale et géographique qui nous entraîne de Lamotte-Beuvron au Col de Bancillon, de Bruère Allichamp aux rives de la Méditerranée, prend le temps de traverser les campagnes, les ZAC, les petits sentiers et les villages abandonnés, décloisonne, décadre le cœur en faisant souffler l’esprit des lieux et l’imaginaire du présent par la rencontre de solitaires anonymes aux vies prodigieuses: une libraire à Issoudun ancienne professeur de français qui aime tant les livres et fait des recherches sur Paterne Berrichon, un VRP amateur d’Alfa Roméo, amoureux des formes du paysage et du nom des villes, la tante de Pierre, une belle actrice de théâtre qui lui donne des conseils de vie, un jeune homme qui s’ennuie à Bourges («les hommes sont assez beaux dans le Berry»), une voleuse de supermarché ou une chanteuse de maison de retraite (la radieuse et sensuelle Fabienne Babe). Une scène dans un Formule 1 évoque avec pudeur et force le désir de deux hommes à travers le mur mitoyen de leurs chambres et on pense furtivement à Un chant d’amour de Jean Genet.
Un film délicat, triste et drôle, apaisant et plein d’humanité, avec des figures de femmes libres et belles comme chez Vecchiali. Un film de dépaysement, accompagné de dialogues savoureux nourris des mots d’Henri Thomas, de Restif de La Bretonne, de Loránd Gáspár ou de Jean Jacques Rousseau.

.
Bande annonce et téléchargements >>

..

Entre les frontières

.
Un film d’Avi Mograbi

Israël, France, 2016, 1h30, vostf
Sélection officielle, Rendez-vous de l'histoire 2016 et Cinéma du Réel 2016

Le réalisateur Avi Mograbi et le metteur en scène Chen Alon partent à la rencontre de demandeurs d’asile africains que l’État d’Israël retient dans un camp en plein désert du Néguev. Ensemble, par le biais d’un atelier inspiré du théâtre de l’Opprimé, ils questionnent le statut de réfugié. Quel est l’élément déclencheur qui pousse un jour ces hommes et ces femmes à abandonner tout ce qu’ils possèdent pour plonger vers l’inconnu ? Pourquoi Israël, terre des réfugiés, refuse de considérer le sort de ces exilés que la guerre et les persécutions ont jetés sur les routes ? Le théâtre peut-il créer un pont entre les hommes pour qu’ils échangent et se comprennent ?
.
« C'est peu dire qu'Avi Mograbi aime mettre les pieds dans le plat. On se souvient de l'insolence frondeuse - et faussement ingénue - avec laquelle le cinéaste israélien dénonçait le populisme grand-guignolesque d'Ariel Sharon dans son troisième film, Comment j'ai appris à surmonter ma peur et à aimer Ariel Sharon (1996). C'est le racisme latent de l'État d'Israël qu'il entend mettre à nu dans Entre les frontières, en embarquant sa caméra dans le camp d'Holot. Avec le concours du metteur en scène de théâtre Chen Alon, Avi Mograbi tente ici d'ouvrir une brèche dans le quotidien insurmontable de demandeurs d'asile parqués par l'État israélien au milieu du désert du Néguev. Dressée au dernier étage d'une caserne désaffectée, la scène de théâtre rudimentaire circonscrit rapidement l'espace du film : si l'intérieur du camp est voué à demeurer hors-champ, c'est bien parce qu'Avi Mograbi a l'ambition de substituer à la morne routine des détenus, "un monde qui s'accorde à leurs désirs". C'est en effet dans la mesure où ils sont simultanément instruments et sujets de la mise en scène, que ces réfugiés deviendront acteurs de leur existence, grâce notamment à des techniques héritées de Stanislavski et de Boal, fondées sur la réappropriation de leur mémoire affective par les comédiens. Objectif peut-être utopique, mais sous-tendu par une vigueur esthétique incomparable : témoin, cet ultime raccord entre un grand écran blanc, symbole d'une égalité fallacieuse, et le visage spectral - regagnant ensuite ses couleurs - d'un détenu, qui en est le douloureux contrepoint. » Mael Mubalegh
.

Séances : jeu 9/02 20h30, sam 11/02 à 16h, dim 12/02 à 20h30, lun 13/02 à 18h, ven 17/02 à 18h au cinéma Les Lobis.
Séances précédées du court métrage
Pieds Verts d'Elsa Duhamel (4 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.

..
En savoir plus >>


La Prunelle de mes yeux

Un film d’Axelle Ropert
Avec Mélanie Bernier, Bastien Bouillon, Antonin Fresson...
France, 2015, 1h30
.

Théo et Leandro Papagika sont deux frères qui rêvent d’une carrière dans le Rebetiko, un art musical folklorique grec. Mais ils ont des progrès à faire pour ne pas rester des « losers »... Et en plus, avec leurs voisines rencontrées dans l’ascenseur, Marina, une artiste en bijoux qui soigne une addiction à la coke et Elise une jeune pianiste aveugle qui joue souvent La Lettre à Élise, le courant ne passe vraiment pas ! Un jour, Théo décide de se faire passer pour aveugle pour la provoquer…
.
Sur une trame d’une fantaisie délectable, émaillée de situations cocasses, nos quatre jeunes bohèmes, entourés de quelques seconds rôles croquignolesques, vont inventer un jeu de l’amour et du hasard un peu cruel et romanesque à souhait, où les mystifications entraînent les personnages vers des situations explosives. Avec ces personnages de comédie, qu’on pourrait rapprocher de ceux de 2 automnes 3 hivers de Sébastien Betbeder (Bastien Bouillon, qui incarne Théo, en était l’un des acteurs) ou de ceux d’Emmanuel Mouret, se compose une tendre chronique générationnelle où, malgré les désillusions et les incertitudes, explose une envie de vivre et d’aimer, que Mélanie Bernier (l’Élise du film) réussit à communiquer en irradiant de sa grâce naturelle.
À l’instar de son précédent film, Tirez la langue mademoiselle, qui faisait vivre le quartier chinois du XIIIe arrondissement de Paris, Axelle Ropert brosse le portrait gentiment satirique  de la communauté grecque de Paris. Ce choix de la Grèce, elle s’en explique ainsi. « Je voulais avoir comme héros des jeunes gens maltraités par le monde actuel. Être grec, avoir 25 ans et avoir des rêves, c’est très compliqué aujourd’hui, il y a quelque chose qui me touchait là-dedans. » Comme quoi la comédie romantique gagne en saveur quand elle s’inscrit bien dans l’air du temps !
.

Séances : jeu 16/02 à 20h30, sam 18/02 à 16h, lun 20/02 à 18h, jeu 23/02 à 18h, dim 26/02 à 20h30, ven 3/03 à 18h au cinéma Les Lobis.
Séances précédées du court métrage
Les Dernières Marches d'Alex Guery (6 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.


Lire la critique de Libération >>
Dossier de presse >>
Bande annonce et téléchargements >>


Go Home

Un film de Jihane Chouaib
Avec Golshifteh Farahani, Maximilien Seweryn...
France, Suisse, Belgique, Liban, 2015, 1h38, vostf
.

Jeune femme élégante, sans doute une touriste, allumant le regard des gars du village, Nada monte d’un pas joyeux vers une maison haut perchée. C’est en fait pour elle un retour dans son village natal, d’où sa famille a fui pour échapper à « la guerre » (sans doute la guerre civile, même si rien n’est précisé à ce sujet). Il lui tarde de retrouver la maison du grand-père, où elle a passé tant d’heureux moments avec son jeune frère.
Mais rien ne répond à ses espoirs : la maison, désertée depuis des années, a été forcée, dévalisée, saccagée (ces mots « GO HOME » inscrits sur un mur intérieur, au milieu de papiers peints déchirés et souillés). Mais Nada est une battante, et rien ne peut l’empêcher de vouloir redonner vie à cette maison morte, et de tenter de clarifier ce qu’a été le sort de son grand-père disparu : mort disent certains, enfui pour mener une double vie disent d’autres. Un vieil homme du clan des villageois vient surtout lui conseiller de ne pas chercher à ranimer le passé. Et c’est peut-être la boîte enterrée au moment de leur départ pour l’exil par les deux enfants qui pourra sceller la réconciliation de la sœur et de son frère, et ranimer leur désir de se réintégrer dans la maison familiale.
Après son remarquable documentaire Pays rêvé,  la réalisatrice Jihane Chouaib, elle-même exilée du Liban, nous propose une immersion dans ce pays divisé par la langue et la culture. Et, dans sa traversée du désert, on est pris par cette Nada qu’incarne la très belle iranienne Golshifteh Farahani, qu’on a pu admirer dans À propos d’Elly et Les Malheurs de Sophie…
.

Séances : jeu 16/02 à 18h, dim 19/02 à 20h30, jeu 23/02 à 20h30, ven 24/02 à 18h, sam 25/02 à 16h, lun 27/02 à 18h au cinéma Les Lobis.
Séances précédées du court métrage
Andrew Keegan déménage de Justine Harbonnier  (1 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.
.
Bande annonce et téléchargements >>
Critique de Avoir-alire >>
Entretien France Cuture avec la réalisatrice 1 >>
Entretien France Cuture avec la réalisatrice 2 >>