A l'affiche en mars et avril 2017

La Vallée

Un film de Ghassan Salhab
Avec Carole Abboud, Fadi Abi Samra...
Liban, 2014, 2h14, vostf
Présenté en partenariat avec la Halle aux Grains Scène Nationale en écho au spectacle « Zone » d’après Mathias Énard les 28 février et 1er mars

Suite à une sortie de route en montagne au Liban, un homme émerge d’un ravin. En sang, il longe la route déserte et rencontre trois passants dont la voiture est tombée en panne. Bien qu’ayant perdu la mémoire, instinctivement, l’homme réussit à faire redémarrer leur voiture… Après un accueil plutôt chaleureux, la tension monte…
Un film allégorique sur le Liban, troublant, paranoïaque, distillant une sérénité sensuelle.
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Le mot de Ciné'fil
Après un accueil presque chaleureux autour d’un repas où l’on danse et boit, où l’on  parle de la manière différente de manger ou de faire l’amour si l’on est sunnite ou chiite, maronite ou musulman, la tension monte. Le paysage d’une splendeur dévastée se charge de menaces diffuses, on perçoit des bribes d’informations qui  rappellent la guerre du Moyen-Orient et les hôtes se demandent qui est cet homme qui a perdu la mémoire, ne sait plus rien et a un accent étrange. Une menace lui aussi ? Ils se transforment alors en geôliers inquiétants.

La Vallée est un film allégorique sur le Liban qui procure une sensation de beauté et d’horreur mêlées. Une voix off parfois dit des bribes de poèmes de Wadih Saadeh, parce que la poésie sait dire quelque chose du monde, quelque chose qui échappe à la folie guerrière, parce qu’elle sait écouter et prendre le temps. Des animaux traversent le champ, serpent, oiseau et surtout un âne bouleversant qui semble pressentir le désastre et cette guerre qui détruit Beyrouth à la fin du film, laissant les personnages atterrés, hébétés au milieu de cette vallée frontalière avec la Syrie que l’on sait être un enjeu d’importance dans l’économie de la drogue et dans les luttes d’influences entre sunnites et chiites.
Un film épuré qui tente d’apprivoiser le chaos par une sérénité sensuelle tout en maintenant une menace constante proche du thriller. Un film troublant, à la fois contemplatif et apocalyptique..
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Le Monde
« Le film est situé dans un Liban imaginaire où l’on croise des hommes en armes sur des routes désertes, où la radio crachouille les mauvaises nouvelles. Dans ce climat délétère, paranoïaque, en équilibre précaire, une sensualité débordante se distille. Manière, dérangeante, sans doute, parce que complexe, contradictoire, de sonder l’inconscient d’un pays dont l’amnésie n’est pas le moindre des maux. »
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Séances : jeudi 2 mars à 18h, dimanche 5 mars à 20h30, lundi 6 mars à 18h au cinéma Les Lobis.
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Paris pieds nus

Un film de et avec Fiona Gordon et Dominique Abel
Avec également Emmanuelle Riva, lumineuse et juvénile dans l'un de ses derniers rôles, et la participation exceptionnelle de Pierre Richard
France, Belgique, 2015, 1h23

Fiona, bibliothécaire canadienne, débarque à Paris pour venir en aide à sa vieille tante en détresse. Mais Fiona se perd et tante Martha a disparu. C’est le début d’une course-poursuite dans Paris à laquelle s’invite Dom, SDF aussi séducteur que collant. Un film d'une fantaisie et d'un burlesque savoureux !
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Le mot de Ciné'fil
Attention, ce film drôle, poétique, fin et cultivé, risque de choquer la sensibilité anesthésiée des spectateurs, même les plus jeunes. Il est donc vivement conseillé de se laisser porter  collectivement par ce cadeau cinématographique, qui nous mène du Canada vers la France, dans un Paris aimé et aimant.
L’histoire est simple : Fiona, bibliothécaire canadienne, débarque dans notre capitale pour venir en aide à sa vieille tante en détresse. Mais Fiona se perd et tante Martha a disparu. C’est le début d’une course-poursuite dans Paris à laquelle s’invite Dom, SDF égoïste, aussi séducteur que collant.

Ce road-movie entre le Père-Lachaise, la Bastille, le Trocadéro et la Tour Eiffel nous entraîne dans une série de gags, de danses que seule la nuit parvient à ralentir. Les bateaux-mouches font leur va-et-vient imperturbable sur la Seine, et les personnages mouillent leur chemise, dans tous les sens de l’expression, dans leur quête de liberté et d’amour.

Tourné dans une période où Paris a connu les troubles qu’on connaît, Paris pieds nus célèbre la joie du vivre ensemble, la nécessité vitale de regarder autour de soi sans peur du lendemain. Pas de façon angélique ou militante. Mais avec la grâce d’un Chaplin pour qui la misère n’était qu’un habit qui masquait le cœur de son héros. Mais avec l’émerveillement d’un Tati, pour qui le décor était prétexte à mille découvertes burlesques. Mais avec le vertige d’un Harold Lloyd, pour qui le ciel n’était jamais assez haut.

Les acteurs portent l’héritage de la pantomime au plus haut niveau. Emmanuelle Riva y joue un de ses derniers rôles. Elle y incarne Martha, une personne âgée, rebelle, pleine de vie. Vous verrez, c’est le pied !
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Séances : jeudi 9 mars à 18h, samedi 11 mars à 16h, dimanche 12 mars à 20h30, lundi 13 mars à 18h, jeudi 16 mars à 20h30, vendredi 17 mars à 18h, dimanche 19 mars à 20h30, lundi 20 mars à 18h, vendredi 24 mars à 18h au cinéma Les Lobis.
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Séances précédées du court métrage Le Match de foot d’Aurélie Bonamy (4 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.
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Dernières nouvelles du

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Cosmos


Un film de Julie Bertuccelli
Avec Hélène et Véronique Truffert, Pierre Meunier...
France, 2015, 1h25
Ciné-Rencontre avec Babouillec, poétesse, et sa mère Véronique Truffert, mardi 7 mars à 20h30 au cinéma Les Lobis, dans le cadre du « Printemps des poètes » en partenariat avec le CIAS du Blaisois.

À bientôt 30 ans, Hélène a toujours l’air d’une adolescente. Elle est l'auteure de poèmes puissants à l’humour corrosif. Elle fait partie comme elle dit d’un « lot mal calibré, ne rentrant nulle part ». Visionnaire, sa poésie nous parle de son monde et du nôtre. Pourtant Hélène ne peut pas parler ni tenir un stylo et n’a jamais appris à lire ni à écrire. C’est à ses 20 ans que sa mère découvre qu'elle peut communiquer en agençant des lettres plastifiées sur une feuille de papier. Un des nombreux mystères de celle qui se surnomme Babouillec…


Cinémas-utopia.org
L'esprit humain est la chose la plus extraordinaire et la plus imprévisible qui soit. On peut passer à côté d'univers d'une richesse sidérale, sans rien comprendre, sans rien voir, aveuglé par des préjugés paresseux, par la routine d'échanges normalisés… Mais quand il arrive qu'on franchisse la barrière des rapports convenus, la récompense peut être immense et s'ouvrent à nous des mondes d'une inépuisable beauté. Le film de Julie Bertuccelli est l'histoire d'une rencontre qui pulvérise les a priori, redonne le goût de l'humain dans ce qu'il a de plus surprenant.

« Je n'en reviens pas encore d'avoir pu croiser sur ma petite route Babouillec et son univers. Elle ne parle pas, mais elle entend et perçoit tout avec une intensité qui sidère ceux qui la rencontrent ou la lisent. Pas l'ombre d'un apitoiement mais un humour cinglant. La force, l'intelligence, la poésie et l'énigme de ses textes continuent à me subjuguer. Ses réponses quand j'ai commencé à la filmer, son regard qui vous transperce l'âme, ses rires communicatifs, son intuition et sa sensibilité remettent nos certitudes en question et nous font avancer vers une humanité plus grande. Hélène nous questionne sur la puissance du cerveau et les limites de l'être social. Elle nous parle des échanges entre son monde intérieur, vaste et libre, et notre monde trop occupé à tout mettre dans des cases » écrit la réalisatrice dont on aime tous les films et particulièrement le précédent : La Cour de Babel. Cinéma généreux et subtil plein d'une empathie profonde pour des humains dont elle sait, avec un talent magnifique, faire entrevoir le côté lumineux.

Qui aurait pu imaginer que le cerveau d'Hélène, cataloguée autiste « très déficitaire » et placée dans une institution où elle restait enfermée dans son mutisme, incapable de communiquer en aucune façon… qui aurait pu imaginer que ce cerveau pas comme les autres renfermait un potentiel immense qui a bien failli ne jamais être découvert. Et puis un jour sa mère Véronique a décidé de ne plus accepter cette mise à l'écart, ce gâchis. Elle a laissé son boulot pour reprendre Hélène à la maison, l'a sortie de l'institution dans sa quatorzième année, l'a guidée pas à pas avec beaucoup d'intelligence, cherchant tous les moyens pour stimuler son intellect jusqu'à cette découverte qu'Hélène était capable d'apprendre et de s'exprimer par le moyen d'un alphabet composé de petits carrés de papier plastifié, répartis dans une boîte en bois comme dans les vieilles imprimeries : A, B, C… autant de clefs qui vont, grâce au long travail d'un amour obstiné, finir par révéler une écrivaine à l'intelligence pétillante et à l'écriture incandescente, une poétesse pleine d'humour, de gaîté et de bienveillance… À l'heure où Julie Bertucelli la rencontre, elle travaille avec un metteur en scène qui adapte son œuvre au théâtre. On assiste à la première d'un spectacle construit à partir de ses textes à la Chartreuse de Villeveuve-les-Avignon, pendant le Festival d'Avignon, qui nous laisse bouleversés, surpris et bien plus que ça : chamboulés. Babouillec, c'est la signature d'une magicienne de trente ans qui nous vient d'un autre monde, une galaxie toute proche et pourtant inaccessible enfermée dans les limites de son corps, jusqu'à ce qu'à force de travail et d'obstination, elle finisse par nous faire savoir que rien de ce qui fait notre monde ne lui échappe et à son tour nous donne des nouvelles du sien, qui, comme le cosmos, semble ne pas connaître de limites.

Et Babouillec d'écrire à Julie, avec ses petits carrés de papier : « l'œil goguenard de ta caméra filme tout bas le haut de nos êtres. J'adore. » Et nous, on adore ce film solaire qui nous éclaire les yeux, l'esprit et l'âme..

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Séances : samedi 4 mars à 16h, mardi 7 mars à 20h30*, jeudi 9 mars à 20h30, vendredi 10 mars à 18h, jeudi 16 mars à 18h au cinéma Les Lobis.
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Séances précédées du court métrage Vasco de Sébastien Laudenbach (11 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.
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Bande annonce et revue de presse >>
L'interview de Zérodeconduite.net >>
Le dossier de presse >>
Un article de BSC >>
Entretien vidéo avec la réalisatrice de Culturebox.fr >>

 


Au jour le jour,
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à la nuit la nuit

Un film d’Anaëlle Godard
France, 2016, 1h25
Ciné-Rencontre avec Anaëlle Godard, réalisatrice, et Lise Gaignard, chercheuse en psychologie du travail, samedi 18 mars à 16h, dans le cadre de la Semaine d’information sur la santé mentale sur le thème « Santé mentale et travail ». Réserver >>
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« La clinique de La Borde, fondée en 1953 par Jean Oury dans le courant de la « psychothérapie institutionnelle », représente une expérience radicale dans le champ psychiatrique. Lieu de vie et de soin, La Borde reste une référence unique dans la conception et la prise en charge de la folie. Cʼest aussi le lieu où jʼai passé mon enfance, à la garderie avec les enfants des soignants.
Lorsque je reviens dans ce paysage familier, je reconnais une musique singulière portée par des mots, mélodie dʼun dialecte local. De simples mots, mais qui convoquent un monde, disent lʼessence de ce lieu. En explorant « le Ritz », « le poulailler », « lʼorange-accueil », ce sont les lieux qui se mettent à raconter ce qui ne cesse de sʼinventer dans cet espace incroyablement vivant. » Anaëlle Godard
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Le mot de Ciné'fil
Au jour le jour à la nuit la nuit c’est le titre du beau  film d’Anaëlle Godard, un refrain de Prévert. C’est la clinique de la Borde dans le Loir-et-Cher,  cette «  drôle d’étoile » qui brille parfois la nuit quand les patients cherchent le sommeil auprès des soignants nyctalopes. La réalisatrice avec modestie et douceur a mis ses pas dans les pas des pensionnaires. Celui qui ouvre la porte du film et du domaine montre un parterre de fleurs bleues comme un sésame pour entrer dans ce lieu un peu secret un peu inquiétant pour un de  l’autre monde n’ayant jamais encore osé franchir les portes de cette  île qui laisse à l’insensé la chance d’avoir encore du sens.
La caméra nous découvre petit à petit les lieux d’autour avec des plans d’enfants jouant, une monitrice dans la crèche racontant la deux chevaux-cabane, une bicyclette abandonnée au gré des saisons ou les chevaux du club dans la pénombre ou sous la neige. Parce que c’est aussi son enfance là, que nous raconte la réalisatrice. Puis le spectateur  l’accompagne vers le château, vers le lieu de soins  cheminant avec cette même  liberté sans discours. Comme l’écrivait Marie Depussé Dieu gît dans les détails, et ces détails qui font le quotidien de la clinique ponctuent le film: la feuille d’activités, fragile et créative éphéméride qui tisse le fil des jours, le ménage et son odeur de cire,  la  pharmacie lieu de paroles, lieu de passages, la cuisine et l’ouverture des huîtres, ou l’invention du Ritz racontée dans une scène d’une puissance qui ne doit rien à l’esthétique et tout à l’envie de partager la vie telle quelle. Une scène d’une poésie  bouleversante parce qu’elle mélange à la fois souffrance et rencontre, amour fou et beauté convulsive.
Ce film est  aussi un hommage apaisé et musical à Jean Oury que l’on entend en contrepoint du récit, à ces hommes et ces femmes qui partagent un haut lieu de déchiffrement,  ces soignants qui s’entêtent à croire à l’inespéré « qui ne doit rien à l’espoir » comme le dit René Char et  à ces obstinés patients courant vers la cloche pour faire cortège au temps qui parfois leur échappe.

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Contrepoint des nombreux films déjà réalisés à la Borde, depuis sa création en 1953, celui là dénote ! Car il offre des chemins jusqu'alors inexplorés : la parole des moniteurs (c'est ainsi que l'on nomme les soignants)
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Au jour le jour, à la nuit la nuit est un film sur l'ajustement de ceux qui sont malades et ceux qui les soignent. Ici, pas d'hystérie, de pathos, de convenus et préjugés sur la folie. Il est plutôt question du travail, ancré dans la vie quotidienne, dans l'intention d'un contact humain souvent rompu par la maladie.
Sans cesse, s'ajuster ; travail souvent invisible mais tellement nécessaire car il est la condition même du soin.
Dans cet univers psychiatrique, à La Borde, l'accueil, la concordance des temps et la fabrication de ponts dans l'espace des lieux ne sont pas de vains mots. Ils prennent sens quand il s'agit d'inventer une continuïté et « les poissons pilotes », « la feuille de jour », « le Sam », « la réunion d'accueil », « la polyvalence des fonctions ». Tout un travail... mine de rien...
Anaëlle Godard circule intimement de la périphérie au centre (s'il en est un) de ces lieux labordiens et filme multiples points de rencontre qui rendent visibles ce qui ne se voit pas habituellement; la notion du transfert, la métaphore de la boite à outils (comme disait Jean Oury), la psychothérapie institutionnelle.





Othello

Un film d’Orson Welles
États-Unis, 1952, 1h33, vostf
Grand Prix, Cannes 1952
Proposé en écho au spectacle « Richard II » les 5 et 6 avril à la Halle aux Grains - Scène Nationale.

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Adaptation par Orson Welles de la tragédie de William Shakespeare. Mieux qu’un chef-d’œuvre : le film est un miracle comme le cinéma en a rarement produit, fruit de la créativité de Welles !


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Séances : jeudi 6 avril à 20h30, vendredi 7 avril à 18h, samedi 8 avril à 16h, vendredi 14 avril à 18h au cinéma Les Lobis.

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Séances précédées du court métrage Peinture fraiche de Sophie Roze et Antoine Lanciaux (2 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.
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L'analyse de DVD Classik >>

 



 

Éclairage intime

Un film d’Ivan Passer
Avec Zdenek Bezusek, Karel Blazek, Vera Kresadlova...
Tchécoslovaquie, 1965, 1h11, vostf
Dans le cadre du festival PLAY IT AGAIN !

Petr et Bambas sont d’anciens camarades de conservatoire. Petr, aujourd’hui soliste violoncelliste à Prague, vient donner un concert dans la ville de province où Bambas, directeur d’une école de musique, l’a invité pour compléter l’orchestre local. Petr est accompagné de sa jeune amie. Bambas les accueille dans sa maison, où il vit avec sa femme, ses enfants et… ses beaux-parents.

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Le Monde
« D’une déconcertante malice dans l’art de passer du coq à l’âne »

Arte
« Drôle et insolent »

L’Obs
« Un miracle de grâce et de légèreté »

France Culture
« Le très beau et très musical Éclairage intime, à ne pas rater ! » 

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Le mot de Ciné'fil
Humour, érotisme et révolte sont les constantes du cinéaste tchèque dès son premier long métrage. D’abord scénariste de son ami Milos Forman (pour L’As de pique et Les Amours d’une blonde), puis réalisateur lui-même, Ivan Passer a quitté la Tchécoslovaquie en 1968 après l’écrasement du « Printemps de Prague » par les forces du Pacte de Varsovie. C’était la fin de la « Nouvelle vague » tchécoslovaque mais, avec Éclairage intime,  Ivan Passer avait eu le temps de réaliser en Tchécoslovaquie un premier long-métrage qui l’avait fait connaître dans toute l’Europe occidentale. Il a ensuite réalisé aux États-Unis un certain nombre d’excellents films (dont Cutter’s way diffusé par Ciné’fil en 2014), même si Éclairage intime reste sans doute son plus connu.
N’attendez pas de crime, de poursuite vrombissante ou de scènes scabreuses dans ce film où l’humour est tout en clins d’oeil, où les oies sont plus présentes que les automobiles, et où à tout instant la musique prend sa place. Normal, puisqu’il s’agit des péripéties de Petr, violoncelliste soliste de Prague (accompagné de sa charmante amie) dans le bourg de Bambas, son ami du conservatoire. Bambas, directeur d’une école de musique, a fait appel à Petr pour compléter l’orchestre de son prochain concert, et c’est chez lui que les tourtereaux vont loger, au milieu de sa famille… Et ce sont tous ces gens (dont beaucoup sont des acteurs non-professionnels) qui vont apporter au film sa chair, son émotion, par leurs répliques naïves, les petites scènes entre amoureux, quelques souvenirs grivois bien arrosés ou accompagnés au clairon, autant de tableaux humainement accrochants, car ils illustrent des penchants universels des animaux sociaux que nous sommes.

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Séances
:
jeudi 6 avril à 18h, dimanche 9 avril à 20h30, lundi 10 avril à 18h au cinéma Les Lobis.

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Séances précédées du court métrage Un plan d'enfer
d’Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli (5 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.


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Critique l'Olivier Père et extrait d'entretien avec Ivan Passer >>
Critikat >>


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Zona Franca

Un film de Georgi Lazarevski
France, 2016, 1h40
Sélection officielle, Cinéma du réel 2016
Ciné-Rencontre avec Jean Condé, monteur du film, jeudi 13 avril à 20h30, en partenariat avec le GNCR, l’Acid et le collectif de la Semaine de la solidarité internationale.

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En Patagonie, au coeur de la province chilienne du détroit de Magellan, un chercheur d'or, un chauffeur routier et une jeune vigile croisent la route de touristes en quête de bouts du monde. Entre débris de l'Histoire, paysage grandioses et centres commerciaux, ils révèlent ce qui n’apparaît pas sur les prospectus des tour-operators : une violence profondément enracinée dans cette terre, et qui surgit en pleine lumière lorsqu’une grève paralyse la région.

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Le mot de l'Acid
« C’est un exergue sombrement prophétique qui introduit le film :
« Ils débarquèrent par milliers, drainant comme tout bagage la misère, l’injustice et la nostalgie de leur pays… La terre était aussi vaste que leurs illusions, cette chimère du bout du monde s’éteindrait bientôt comme s’éteindrait bientôt une lampe sans huile ou l’esprit sans lumière. »
Ce sera le temps édénique du mythe qui refermera Zona Franca par un long travelling latéral sur un mural qui raconte cette histoire d’un paradis perdu.
Entre les deux un puzzle spatial et temporel par lequel Georgi Lazarevski a su donner à voir la complexité de cette pointe extrême du Sud patagonien, battue par les vents, bétonnée par le plus grand centre commercial du pays, martelée par les pas des centaines de touristes après l’avoir été par les gigantesques troupeaux de moutons des colons européens, grattée modestement par quelques artisans orpailleurs.
Ce portrait du bout du monde, tel que littéralement signalé par un panneau « Route de fin du monde », se déroule comme une fresque qui plonge autant dans le passé (extermination des indigènes, bagnards, colonisation) qu’il en dépeint le présent. Mais c’est une fresque éclatée, un territoire et une histoire couturés, un tableau chaotique sauf que le film y repère la logique en œuvre, celle unificatrice qui va de la colonisation à la modernité marchande et prédatrice.
[...] Le sens de l’espace et de la beauté rude de cette terre baigne Zona Franca, le cinéaste y maîtrise l’art d’une temporalité apprivoisant la longue histoire et un présent singulier. Il a su ancrer cette terre perdue dans l’agitation du monde. » Le texte dans son intégralité >>

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Autres séances : samedi 15 avril à 16h, jeudi 20 avril à 18h, lundi 24 avril à 18h au cinéma Les Lobis.
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Bande annonce et texte de Charlotte Garson >>
Article Le Monde :
« En Patagonie, le tourisme gomme l'histoire et la géographie » >>
Entretien écrits et filmés avec le réalisateur, par le GNCR >>
Dossier de presse >>



Jours de France

Un film de Jérôme Reybaud
Avec Pascal Cervo, Arthur Igual, Nathalie Richard, Laetitia Dosch, Fabienne Babe...
France, 2016, 2h17
Semaine internationale de la critique, Mostra de Venise 2016 ...
Film soutenu à la production par Ciclic - Région Centre
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Au petit matin, Pierre quitte Paul. Au volant de son Alfa Roméo, il traverse la France, ses plaines, ses montagnes, sans destination précise. Pierre utilise Grindr, une application de son téléphone portable qui recense et localise pour lui les occasions de drague. Mais Paul y a recours aussi pour mieux le suivre. Au terme de quatre jours et quatre nuits de rencontres, sexuelles ou non, parviendront-ils à se retrouver ? La dérive sentimentale et géographique à travers la France d’un homme ouvert aux rencontres les plus diverses. Un film délicat, triste et drôle, emprunt d’humanité.

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Le mot de Ciné'fil
Jours de France ne se résume pas au périple de la traversée des désirs et des lieux, il est un hymne au hasard, à la dérive et à la rencontre. Ainsi, au fil de ces quelques jours et nuits, Pierre rencontre de très belles personnes ; hommes et femmes (magnifiques actrices, elles aussi un peu oubliées)…  La libraire d'Issoudun, la voleuse, la chanteuse, la comédienne, le cafetier... Autant d'êtres arrimés, ou échoués dans ces villages perdus dont les noms figurent sur quelques panneaux et vieilles cartes de France. Ces rencontres concentrent en un instant celui de toute une vie, toute la vérité d'une vie.

Jérôme Reybaud est féru de littérature et poésie, il offre à ses personnages des paroles qui les élèvent dans l'instant de leur présence. La musique, source d'inspiration première au film donne le rythme à l'Alfa, s'arrête ou reprend quant la porte claque.
Voilà un film qui aurait un ancêtre commun et lointain avec ceux de Guiraudie et Depardon..

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Séances : jeudi 13 avril à 18h, dimanche 16 avril à 20h30, lundi 17 avril à 18h, vendredi 21 avril à 18h au cinéma Les Lobis.

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Critique de SensCritique >>

Bande annonce et téléchargements >>


Fantastic Birthday

Un film de Rosemary Myers
Avec Bethany Whitmore, Harrison Feldman, Eamon Farren...
Australie, 2016, 1h20, vostf, ado dès 13 ans

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Greta, adolescente introvertie, ne veut pas quitter le monde douillet et rassurant de l’enfance. Quand ses parents lui organisent grande fête pour ses 15 ans, elle est prise de panique. Le grand soir, elle bascule dans un univers parallèle un peu effrayant et complètement absurde dans lequel elle devra affronter ses peurs pour pouvoir se trouver et aborder autrement cette nouvelle ère. Un parcours initiatique d’une fantaisie décalée et jouissive, avec en bonus le décorum kitsch des années 1970 et ses rythmes pop endiablés !

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Le mot de Ciné'fil
Un film venu des antipodes, d’Australie, cela suscite forcément une curiosité. Eh bien, vous ne serez pas déçus par cette adaptation décalée et jouissive d’un travail théâtral sur les peurs adolescentes et les rites de passage…

Ce parcours initiatique d’une fantaisie débridée nous entraîne peu à peu dans un monde onirique tapissé de symboles freudiens, sur des rythmes pop endiablés. Rosemary Myers se régale à subvertir les codes du teen movie, dans une esthétique colorée seventies savoureuse, en jouant de multiples références avec des films comme Le Magicien d’Oz ou Le Labyrinthe de Pan, et en insufflant une bonne dose d’humour voire de burlesque.
Ce premier film, d’une vitalité communicative, revisite ainsi poétiquement l’esprit d’enfance et ses tourments.

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Séances : jeudi 20 avril à 20h30, samedi 22 avril à 16h, dimanche 23 avril à 20h30, jeudi 27 avril à 20h30, vendredi 28 avril à 18h au cinéma Les Lobis.

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Séances précédées du court métrage Fictor d’Aurélie Bonamy (6 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.

Entretien avec la réalisatrice >>
Entretien avec le GNCR >>
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Tombé du ciel

Un film de Wissam Charaf
Avec Rodrigue Sleiman, Raed Yassin
France, Liban, 2016, 1h10, vostf
Sélection Acid, Cannes 2016

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Après 20 ans de séparation, Samir, ancien milicien présumé mort réapparaît dans la vie d’Omar, son petit frère devenu garde du corps à Beyrouth.

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Grazia
« Il ne faut rater sous aucun prétexte ce film, qui parvient à rendre hilarants de causticité les fantômes de la guerre civile à Beyrouth, dans un esprit burlesque et minimaliste digne d’Aki Kaurismäki et de Jim Jarmusch. » .
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Libération
« Tombé du ciel porte une grâce très plaisante, un sens de l’humour qui - c’est une évidence, mais c’est vrai - n’est toujours qu’un support à la réflexion et l’intelligence, à des pas de côté, introspections ou vivacité d’esprit. »
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Le Monde
« Une comédie burlesque d’une remarquable rigueur formelle sur le refoulé de la guerre libanaise.  Le film développe, à l’intérieur de ses beaux cadres carrés, un burlesque subtil et élégant, d’inspiration keatonnienne. »
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Le mot de l'Acid
«
Avec en filigrane la guerre civile qui a frappé le Liban (1975-1990), Tombé du ciel est une subtile parodie du film de genre qui use de la figure centrale du revenant, du fantôme. Un film à l’humour pince-sans-rire qui nous offre une galerie de personnages drôles et inquiétants, tous fantômes à leur manière, menant une existence risiblement absurde.
Loin du drame social, Wissam Charaf nous emporte avec une dérision loufoque dans une boucle infernale de l’éternel retour. Son cinéma de l’étrangeté situé au croisement de chemins entre Aki Kaurismäki et Elia Suleiman, s’amuse avec une grâce naturelle des codes cinématographiques. Des machos se battent, tuent, matent les filles et rêvent de belles bagnoles. Des bourgeois font la fête dans des piscines alors que retentissent au loin les attentats suicides. Cet univers frétille d’anti-héros imprévisibles, semblables à des personnages de bandes dessinées qui tournent en rond dans des situations récurrentes dont ils peinent à se soustraire. Wissam Charaf nous livre une mise en scène très moderne du cinéma de l’absurde, qui fait la part belle aux cadres synthétiques et chorégraphiés, comme à la colorimétrie soignée des décors.
Tombé du ciel avance l’air de rien et dit plus qu’il n’en a l’air. Il nous livre un instantané à la fois tendre et ironique de Beyrouth où l’amnésie, la paix, les voitures de luxe et les night-clubs font bon ménage avec les armes, les explosions et les hommes de main. »

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Séances
: jeudi 27 avril à 18h, dimanche 30 avril à 20h30, jeudi 4 mai  à 18h, samedi 6 mai  à 18h, lundi 8 mai à 18h au cinéma Les Lobis.

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Séances précédées du court métrage Sortir le chien d’Aurélie Bonamy (6 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.

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La revue de presse de l'Acid >>
Dossier de presse >>
Entretien avec le réalisateur par Arte Cinéma >>
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