A l'affiche en mai et juin 2017

En avant jeunesse !
Un programme de courts métrages à la rencontre des talents de demain
Durée du programme 1h30
Ciné-rencontre mardi 2 mai à 18h avec Maïmouna Gueye, actrice dans la film Maman(s) en partenariat avec Ciclic et le cinéma Les Lobis, avec la participation de l'école d'art de Blois-Agglopolys et de l’IUT de Blois - Université François-Rabelais.

Un peu de fraicheur avec cette sélection «    jeunesse  » qui met à l’honneur l’émergence. À la fois promesse faite à l’avenir et regard porté sur le présent, la jeunesse est au cœur des débats. Et conjuguée au cinéma, ça donne quoi ? Derrière et devant la caméra, la jeunesse est synonyme d’audace dans la manière dont elle porte une parole très libre sur les enjeux de notre temps. Questions sociales, rencontres, premiers émois, autant de thématiques qui laissent libre court à l’imaginaire, à la poésie ou à l’humour. C’est à votre tour de découvrir ces nouveaux talents !

Les films ont été remarqués puis consacrés par une présélection aux César 2017, après de beaux parcours en festival. Le programme est l'occasion de mettre en valeur la vitalité du court métrage et de découvrir la manière dont la jeune création s'approprie le format, propice à l'audace et à l'expérimentation. Il est complété par la diffusion d’un film réalisé cette année par des étudiants de Blois, et par les 1er prix ex aequo de La Battle du film fait à la maison 2017 sur le thème : « l’art est une farce ».

Voir le programme complet >>


Félicité

Un film d’Alain Gomis
France, 2016, 2h03
Grand prix du jury, Berlin 2017
Film soutenu par le GNCR


Félicité, libre et fière, est chanteuse le soir dans un bar de Kinshasa. Sa vie bascule quand son fils de 14 ans est victime d'un accident de moto. Pour le sauver, elle se lance dans une course effrénée à travers les rues d'un Kinshasa électrique, un monde de musique et de rêves. Ses chemins croisent ceux de Tabu. Tout savoir sur le film >>

Le mot de Ciné'fil
Alain Gomis est certainement l’un des réalisateurs les plus injustement peu célébrés du cinéma français. Ce quatrième long métrage, tendu comme une tragédie, met en avant une mère courage qui doit faire face seule à l’adversité dans le Kinshasa d’aujourd’hui. [...] Pour Alain Gomis, le cinéma est un acte politique au sens où il faut montrer la vie des gens telle qu’elle est et non pas seulement celle des héros américains. « Il y a des personnes qui sont exclues de la représentation. Finalement, c’est comme si leurs vies ne comptaient pas. Comme si, pour exister, il fallait vivre comme un certain nombre de personnes, sinon nos vies ne valent rien. Pour moi, il faut mettre en avant la vie de chaque individu même dans les situations difficiles. Ces vies valent le coût de ce qu’elles sont. Ce ne sont pas des vies au rabais, ni en solde. »
En effet, Félicité, récit brutal et sans concession, nous happe par sa tension permanente. Il nous a à l’énergie, à l’arrache. Confrontée à une dure réalité, Félicité incarne un personnage dont les chagrins, les tourments, les désirs prennent le spectateur aux tripes. Une fois de plus, Alain Gomis nous offre le spectacle d’une création sincère, engagée et inventive. À noter, la musique qui accompagne à merveille l’intrigue et l’ambiance du film. C’est une musique folklorique très ancrée dans la tradition et extrêmement moderne en même temps.
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Séances : samedi 29 avril à 16h, lundi 1er mai à 18h, jeudi 4 mai à 20h30, vendredi 5 mai à 18h, dimanche 7 mai à 20h30 et vendredi 12 mai à 18h au cinéma Les Lobis. Séances précédées du court métrage Fictor d’Aurélie Bonamy (6 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.


 

Les Derniers Parisiens
Un film de Hamé Bourokba et Ekoué Labitey
Avec Reda Kateb, Slimane Dazi, Mélanie Laurent...
France, 2015, 1h45

Tout juste sorti de prison, Nas, aujourd'hui quarantenaire revient dans son quartier, Pigalle, où il retrouve ses amis et son grand frère Arezki, patron du bar Le Prestige. Nas est décidé à se refaire un nom et Le Prestige pourrait bien lui servir de tremplin. Mais le quartier n’est plus ce qu’il était…

Ici pas de flingues ni de courses-poursuites, mais des personnages ancrés dans la réalité urbaine d’aujourd’hui, dialoguant avec une gouaille mêlée de tous les parlers hybrides d’aujourd’hui, comme si les classiques du film noir étaient réécrits par Joey Starr. Les Derniers Parisiens fleure bon le naturalisme canaille mâtiné de vague à l’âme, sans jamais chercher à grossir le trait. On n’est jamais dans la caricature, et les acteurs n’en font jamais trop. Des bribes de vie émouvante qui nous montrent le quotidien d’un quartier en voie de gentrification. Le film aborde avec élégance, sinon poésie, la question d’une forme de survie citadine contenue jusque dans son titre.
Hamé Bourokba et Ekoué Labitey, diplômés en sciences politiques et en cinéma, sont les têtes de pont du groupe de rap La Rumeur (né en 1995). Ils passent avec bonheur d’un rap en marge du système classique de diffusion, avec un engagement fort, au cinéma en signant un premier long métrage maîtrisé de bout en bout de quelque côté qu’on l’aborde : en terme d’images, d’ambiance, d’interprétation et de dramaturgie, sans complaisance ni revendication. Seulement un sentiment de vérité, juste et poignant.
Tout leur talent est de ne pas s’en tenir aux codes classiques du film noir, et de les nourrir d’amples coulées de vécu au ras du pavé, prenant le temps de se hâter lentement. Le casting mêle des “stars”, comme Reda Kateb, Slimane Dazi ou Mélanie Laurent, et les potes “comédiens nés”, comme Bakary Keita ou Willy L’Barge : ils sont tous bons, cinégéniques, exsudant présence et personnalité, produisant une alchimie où on ne distingue plus les pros des amateurs.
Sources : Culturebox, Libération, Les Inrocks

Séances : jeu 11/05 à 20h30, sam 13/05 à 16h, lun 15/05 à 18h , jeu 18/05 à 18h, dim 21/05 à 20h30, ven 26/05 à 18h au cinéma Les Lobis.


Pas comme des loups


Un film de Vincent Pouplard
France, 2016, 1h
Film soutenu par le GNCR

Roman et Sifredi ont à peine 20 ans. Ils sont en mouvement, comme leur identité, entre exclusion et marginalité. Dans des lieux secrets, souterrains, squats, lisières de bois, ils inventent leur vie, leur langage et leurs codes. Tout savoir sur le film >>

Le mot de Ciné'fil
Il ne s’agit pas d’un conte de fées, mais bien d’un documentaire sur une jeunesse qui n’a pas eu de chance et qui arrive non seulement à survivre, mais à développer une philosophie de l’existence qui peut donner à réfléchir. Un documentaire qui ne dure qu’une heure, mais qui a demandé près d’une année à son réalisateur (Vincent Pouplard, sociologue et photographe avant de devenir un réalisateur exigeant) pour apprivoiser ces deux jumeaux mal aimés, Roman et Sifredi, d’à peine vingt ans, rejetés par leur famille (cause ou conséquence de quelques mois de prison). Il a ensuite  consacré près de trois années à les filmer, et à extraire de plus de soixante-dix heures de rushes un comprimé d’une heure seulement de joie de vivre, de débrouillardise et d’ordre librement consenti, avec quelques amis qui partagent leurs tanières successives : garage squatté, école désaffectée remise en état, et même, à la belle saison, forêt où ils se révèlent bâtisseurs de cabanes et grands escaladeurs. Un défi, l’escalade, comme le plongeon en rivière du haut de gigantesques et redoutables rochers. Bref, un concentré de vitalité intelligente qui, bien orientée, pourrait faire de ces philosophes amateurs (quelquefois très drôles dans leurs improvisations ou leurs slams) une bouffée d’air frais pour notre société vieillissante. Pas des voyous, pas des bandits, mais plutôt simplement, comme le dit la belle chanson de Mansfield.TYA que miment les protagonistes dans leur repaire, ils sont des Rebelles, pas décidés (comme l’annonce une amusante énumération à la Prévert de leurs refus de places dans notre société actuelle) à accepter les aberrations de notre mode actuel de vie. Pas comme des loups, mais comme des hommes...

Séances : jeu 11/05 à 18h, dim 14/05 à 20h30, ven 19/05 à 18h, lun 22/05 à 18h, jeu 25/05 à 20h30, sam 27/05 à 16h au cinéma Les Lobis. Séances précédées du court métrage  37°4 S de Adriano Valerio (12 min),  proposé par Ciclic et Ciné’fil, et suivies d'un bref entretien vidéo avec le réalisateur.


 

Certaines femmes
Un film de Kelly Reichardt
Avec Kristen Stewart, Michelle Williams, Laura Dern...
États-Unis, 2016, 1h47, vostf
Film soutenu par le GNCR

Quatre femmes font face aux circonstances et aux challenges de leurs vies respectives dans une petite ville du Montana, chacune s’efforçant à sa façon de s’accomplir en tant que femme. Tout savoir sur le film >>

Le mot de Ciné'fil
Certaines femmes, chronique minimaliste et douce-amère d’une certaine Amérique, se décline en trois récits suivant les trajectoires de quatre femmes solitaires dont les destinées restent entrouvertes sur de multiples possibles. Les trois histoires se déroulent à Livingstone, patelin perdu dans les vastes paysages du Montana. Elles se croisent de manière extrêmement ténue, le temps de quelques plans. Ce film choral pose un regard d’une extrême délicatesse sur quatre figures de femmes mélancoliques ancrées dans l’ordinaire et guettées par l’immobilisme.
Laura, une avocate qui s’attache à l’un de ses clients, et qui a pour amant le mari de Gina, la mère de famille de la deuxième histoire. Gina souhaite construire sa maison en pleine campagne avec de vieux blocs de grès, survivance d’une ancienne école bâtie par les pionniers. Beth, une jeune avocate désargentée, qui provoque à son corps défendant l’émoi de Jamie, une jeune Indienne terrienne et solitaire. Lors d’une brève promenade à cheval, discrète parade de séduction entre les deux femmes, Kelly Reichardt nous offre une relecture délicatement féminine d’un motif  westernien. Scène sublime, d’une sensibilité renversante, où les deux femmes chevauchent doucement la même monture, dans la quiétude de la nuit.
La mise en scène ne referme rien définitivement, laissant le spectateur libre d’y projeter ce qu’il souhaite. Kelly Reichardt en dit plus par sa manière de capter un geste qui n’advient pas, par l’expression d’un visage ou par les creux du récit que par la parole. Son sens du non-dit, sa science du hors-champ sont la signature d’une très grande cinéaste contemporaine. Et quel talent pour filmer les paysages et les personnages dans leur détresse et leurs troubles intérieurs !
Sobre, touchant, émouvant, le cinéma de Reichardt est une bouffée d’air frais. C’est certainement l’un des plus beaux films qui nous est offert en ce début d’année.

Séances : jeu 18/05 à 20h30, sam 20/05 à 16h, jeu 25/05 à 18h, dim 28/05 à 20h30, lun 29/05 à 18h, ven 2/06 à 18h au cinéma Les Lobis .


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The Battery

Un film de Jeremy Gardner
Avec Jeremy Gardner, Adam Cronheim...
États-Unis, 2012, 1h40, vostf
Déconseillé aux moins de 13 ans
Soirée au manoir :
2 concerts + 1 film, en plein-air, vendredi 26 mai à partir de 19h,

avec l'association Little by Little.

Pour échapper à une épidémie, deux hommes cohabitent cahin-caha à bord d’une voiture, sillonnant les verts paysages américains. Ils errent de résidences vides en maisons forestières, au gré des ravitaillements. Ben s’accommode de la situation et organise la survie, tandis Mickey préfère se réfugier dans son imaginaire, quitte à mettre en péril la sécurité du binôme. Car la menace rôde...

Le mot de Ciné'fil
The Battery est une succession de moments anodins, de scènes de vie dans un monde abandonné baigné de soleil. Mickey et Ben jouent au base-ball, pêchent, discutent, se baignent dans des rivières et dansent, au rythme d’une envoutante bande son aux airs de country-folk-blues-rock.
Cette petite perle du cinéma indépendant, mélancolique et drôle, fonctionne avec une étonnante économie de moyens. Preuve qu’une poignée de dollars, six personnes dévouées, deux semaines de tournage et beaucoup d’idées suffisent pour faire du cinéma.
Certes, The Battery est ce que l’on appelle par convention (morts-vivants obligent... Oups ! C’est dit...) un film « de genre »  – étrange dénomination, non ? Mais au-delà des appellations qui qualifient de manière toujours étriquée, et du même coup disqualifient à tort : The Battery est avant tout un film touchant sur l’amitié. Doublé d’une belle balade (et ballade) au grand air !
Quoi de mieux pour le découvrir que le cadre  boisé d’un manoir au crépuscule, où vous serez accueillis par un cèdre du Liban deux fois centenaire ? La soirée débutera par deux concerts concoctés par les mélomanes de l’association Little by Little.

Informations pratiques ...
Rendez-vous dès 19h pour pique-niquer, jouer à la pétanque, flâner... Concerts à partir de 20h.
Tarif unique 10€.
Buvette sur place / Apporter coussins, transats, plaids et lampes de poche.

Possibilité de repli sur place en cas de pluie.
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Le manoir du Petit Bois Martin est situé à Favras, commune de Feings (41120), à 2 min du théâtre de l’Orme, 15 min de Blois (Latitude 47.452831 Longitude 1.399564)
Pensez au co-voiturage !

 


Mister Universo


Un film de Tizza Covi et Rainer Frimel
Italie, Autriche, 2017, 1h30, vostf
Film soutenu par le GNCR

Il était une fois... Il était une fois Tairo, jeune dompteur de fauves dans un petit cirque itinérant des villes et villages de la péninsule italienne. Effondré par la perte de son fer à cheval, son gage de chance et d’amour, Tairo va parcourir l’Italie, à la recherche de celui qui, jadis, lui avait offert ce porte bonheur : Arthur Robin, ex Monsieur Univers, dit « l’homme le plus fort du monde ».
Sur le mode de l’escapade, mêlant personnages réels et fiction,Tizza Covi & Rainer Frimmel continuent avec poésie et humour leur exploration de ces mondes marginaux qui luttent pour perdurer. Tout savoir sur le film >>

Le mot de Ciné'fil
L’univers du cirque a fait rêver nombre de cinéastes, de Chaplin à Lynch, en passant par Browning et De Mille. Alors, aborder ce monde aujourd’hui, n’est-ce pas un peu risqué ? Certes, mais le duo de réalisateurs Covi et Frimmel sait ce qu’il doit à l’Histoire, de qui il est l’héritier, et il réussit là un film singulier où les artistes les plus illustres du passé nourrissent de leur poésie et de leurs dons les générations contemporaines.
Mister Universo oscille entre fiction et documentaire. Car il y a bien une histoire inventée de toute part au départ : celle de la quête de Tairo. Ce scénario aurait pu donner naissance à un grand show plein de folklore stéréotypé, à grand renfort de scènes bodybuildées. Mais les personnages sont ici réels, ils jouent leur véritable rôle. Les lions sont des bêtes féroces que l’âge avancé rend délicates. Les familles circassiennes s’éclatent en fonction des spectacles. Des communautés se jalousent. On se sépare, on se retrouve, mais quelque chose de plus fort les unit toujours. Une culture, des souvenirs communs.
Que deviennent les grands noms qui ont illuminé l’enfance des artistes d’aujourd’hui ? Quand la force de Mister Universo ne peut plus briller, qui reprend le flambeau ? Que fait-il de ses journées loin de la piste, s’il ne l’a jamais quittée ?
Mister Universo est un film indispensable, parce qu’au-delà du cirque, il nous parle d’une transmission que toutes les techniques numériques du monde ne pourront remplacer.

Séances : jeu 1/06 à 20h30, lun 5/06 à 18h, jeu 8/06 à 18h, sam 10/06 à 16h, lun 12/06 à 18h, ven 16/06 à 18h au cinéma Les Lobis. Séances précédées du court métrage Slow Disco (5 min) proposé par Ciclic et Ciné’fil, et suivies d'un bref entretien vidéo avec le réalisateur.




 

 

 



Madame B,

Histoire d’une Nord

Coréenne


Un film de Jero Yun
France, Corée du Sud, 2016, 1h11, vostf
Sélection Acid, Cannes 2016

Madame B, nord-coréenne, a été vendue de force à un paysan chinois par ses passeurs. Pour gagner sa vie en Chine et aider les siens restés en Corée du Nord, elle devient trafiquante. Elle réussit à faire passer sa famille en Corée du Sud et se lance à son tour avec un groupe de clandestins pour enfin vivre auprès de ses enfants. Au terme d’un périlleux voyage, Madame B est accueillie par les services de renseignement Sud-Coréens. Sa vie prend une toute autre tournure que celle dont elle rêvait.
Entre épopées migratoires et douceur domestique, le parcours sans concession de Madame B, saute-frontières, parle de liens humains, de liberté, d’amour.
Tout savoir sur le film >>


Le mot de l'Acid
Madame B, Histoire d’une Nord-Coréenne nous happe d’entrée dans un tourbillon, celui de la fuite, du danger, des corps que l’on ne voit pas, des paysages qu’il ne faut pas reconnaître. Lorsque nous reprenons pied, c’est pour nous retrouver échoués sur les terres d’une famille de petits paysans pauvres, avec Madame B. et son mari, un Chinois qui l’a achetée.
À l’image de ce début déboussolant, le film ne cessera de mettre à mal nos certitudes, de nous amener là où l’on ne s’y attend pas. C’est dans ce maelström géopolitique entre la Corée du Nord, la Chine et la Corée du Sud, fantasme absolu des frontières infranchissables, de la paranoïa ultime, qu’il nous installe pour nous parler de liens humains, de liberté, d’amour. Que Madame B soit avec sa famille chinoise ou nord-coréenne, les scènes évoquent le même havre d’union, de souci de l’autre.
La beauté du film réside dans cette dialectique construite subtilement, à l’image de son héroïne, entre épopées migratoires et douceur domestique, peuplée d’êtres délicats pour qui la survie passe par la considération de l’autre. Il trace le portrait de cette puissante ouvrière qui dans sa fuite tisse sa toile affective et œuvre pour l’affranchissement de ceux qu’elle aime.

Séances : jeu 8/06 à 20h30, ven 9/06 à 18h, dim 11/06 à 20h30 au cinéma Les Lobis. Séances précédées du court métrage Fuck l'amour de François Zabaleta (6 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.



Roues libres


Un film d’Attila Till
Avec Zoltán Fenyvesi, Szabolcs Thuróczy, Ádám Fekete...
Hongrie, 2016, 1h42, vostf

Ruspaszov, ancien pompier, est en fauteuil roulant depuis trois ans suite à un accident de travail. Le cynisme et l’alcool l’aident de moins en moins à supporter son état. Un jour, le hasard met sur sa route deux adolescents également frappés par des handicaps : Zolika, passionné de bande dessinée et Barba Papa, qui se parfume toujours au cas où il croiserait une fille. Leur rencontre improbable redonnera à chacun goût à la vie. Surtout quand Rupaszov, se mettant au service du chef de la mafia locale, décide d’utiliser leur handicap comme couverture... Drôle, noir et incorrect !
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Le mot de Ciné'fil
Outre un humour, forcément très noir, Roues libres pose un regard sans tabou sur la condition de personne handicapée, sans complaisance et sans misérabilisme. Roues Libres réussit le pari de nous faire rire d’eux avec eux, d’autant plus que les rôles de Zolika et Barba sont interprétés par de vrais acteurs handicapés. Cela ancre d’autant plus le récit dans le réel et dans sa volonté de dépeindre la réalité des difficultés liées au handicap.

C’est une comédie noire parsemée de dialogues incorrects, d’acteurs « à gueule » et d’explosions de violence jubilatoires. Un « Buddy Movie » chargé d’émotion à travers l’histoire d’un garçon qui recherche la figure paternelle et d’un adulte qui essaye de reconstruire sa vie après avoir tout perdu.
C’est un film d’action épatant sur une bande d’éclopés qui vont se mettre à vivre la vie à pleines dents, le temps d’une histoire filmée à hauteur du handicap et racontée sur un montage rythmé. Pour toutes ces raison Roues Libres est clairement une vraie bonne surprise cinématographique à ne pas rater.

Séances : jeu 15/06 à 20h30, sam 17/06 à 16h, dim 18/06 à 20h30, ven 23/06 à 18h, lun 26/06 à 18h au cinéma Les Lobis


Citoyen d’honneur
Un film de Mariano Cohn et Gastón Duprat
Avec Oscar Martinez, Dady Brieva, Andrea Frigerio...
Argentine, 2016, 1h57, vostf

Lauréat du Prix Nobel de littérature, Daniel décide d'accepter l'invitation reçue de sa ville natale qui souhaite le faire citoyen d'honneur. Est-ce vraiment une bonne idée de revenir à Salas dont les habitants sont devenus à leur insu les personnages de ses romans ?
Quand le cinéma argentin reprend le flambeau de la comédie italienne des années 1960-1970 ça donne une comédie à la fois tendre et cynique.
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Le mot de Ciné'fil
Certes, l’accueil est d’abord chaleureux, tous semblent fiers de leur concitoyen. L’arrivée d’un écrivain sophistiqué, arrogant, dans un monde rural figé est source de nombreux gags, situations comiques et dialogues savoureux. Nul n’étant prophète en son pays, la parabole du fils prodigue déplace lentement son curseur de la déférence et de l’admiration béate vers une atmosphère de plus en plus tendue. Le retour triomphal au pays des souvenirs cède vite la place à la résurrection des fantômes du passé qui rattrapent Daniel Mantovani à chaque coin de rue. Car un fossé abyssal s’est creusé entre l’écrivain urbain, cultivé, raffiné et des villageois demeurés humbles, pragmatiques, candides, peu cultivés et fâchés de se reconnaître  dans les descriptions sévères de ses romans. Les relations de l’auteur avec la population s’enveniment. Le contraste entre le regard de l’écrivain et les attentes locales, l’écart irréconciliable entre ces deux mondes que tout oppose crée une onde de choc menaçante.

Séances : jeu 15/06 à 18h, lun 19/06 à 18h, jeu 22/06 à 20h30, dim 25/06 à 20h30, jeu 29/06 à 18h, sam 1/07 à 16h au cinéma Les Lobis

Personal affairs


Un film de Maha Haj
Avec Amer Hlehel, Maïssa Abed El Hadi
Israël, 2016, 1h30, vostf
Un certain regard, Cannes 2016

Nazareth : un vieux couple vit au rythme de la routine quotidienne. À Ramallah, de l’autre côté de la frontière : leur fils Tarek voudrait rester un éternel célibataire, leur fille est sur le point d’accoucher, son mari garagiste décroche un rôle au cinéma, alors que la grand-mère perd le Nord…
Entre-temps, en Suède, le fils aîné attend leur visite. Chacun vaque à ses occupations, entre moments de plaisir et désaccords, rêves et désillusions. Certains souhaitent partir, d’autres rester, mais tous ont des histoires personnelles à régler…
Une comédie légère émaillée de portraits touchants, qui évoque le thème des frontières physiques et mentales qui tiennent chacun à distance les uns des autres. En savoir plus >>

Revue de presse
« [...] Le coup d’essai de l’Israélienne Maha Haj s’avère être une chronique familiale d’une densité et d’une complexité remarquables.
[...] La connexion entre tous ces personnages se fait par le biais d’appels téléphoniques, de sessions Skype et autres échanges de mails. [...] Maha Haj donne à voir, presque uniquement par le montage, la communication dissonante qui se met en place entre les protagonistes ; les frontières physiques et mentales qui les tiennent à distance les uns des autres.» Critikat.com
« Ce film choral, cette comédie légère évoque le thème des frontières, géographiques et psychologiques. C'est un pari risqué que de rendre passionnante l'apathie généralisée. Maha Haj ne démérite pas et signe une suite de portraits touchants et délicats. » Télérama

Séances : jeu 22/06 à 18h, sam 24/06 à 16h, jeu 29/06 à 20h30, ven 30/06 à 18h, dim 2/07 à 20h30, lun 3/07 à 18h au cinéma Les Lobis. Séances précédées du court métrage Un ciel chafouin de Catherine Buffat et Jean-Luc Grecot (8 min), proposé par Ciclic et Ciné’fil.