UNE FEMME DOUCE >> Du 26 octobre au 9 novembre 2017


Une femme douce

Un film de Sergei Loznitsa
Avec Vasilina Makovtseva...
France, Allemagne, Lituanie, Pays-Bas, 2017, 2h23, vostf
En compétition officielle, Cannes 2017
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Un jour, une femme reçoit le colis qu’elle a envoyé quelques temps plus tôt à son mari incarcéré. Inquiète et profondément désemparée, elle décide de se rendre à la prison, dans une région reculée de Russie, afin d’obtenir des informations. Ainsi commence l’histoire d'un voyage semé d’humiliations et de violence, l’histoire d'une bataille absurde contre une forteresse impénétrable.

Le mot de Ciné'fil
Sergei Loznitsa est un cinéaste ukrainien auquel Ciné’fil s’est depuis plusieurs années intéressé : My Joy, Dans la brume, Maïdan ont été de nos programmations. Cinéaste rigoureux et visionnaire, obsédé par l’histoire tragique de l’ex URSS et aujourd’hui de la Russie, attentif au sort de l’individu face à l’État, il livre avec Une femme douce une fable terrible et cauchemardesque.
Son héroïne est une jeune femme qui, inquiète de voir le colis destiné à son mari incarcéré revenir, décide de se rendre à la prison où il est détenu. Dans ce voyage qui s’apparente à une progressive descente aux enfers, elle rencontre différents personnages symboliques d’une société russe gangrénée par la corruption, le mépris et l’arbitraire kafkaïen : citoyens agressifs, fonctionnaires bornés, gardiens sadiques, policiers menaçants, maquereaux vicieux et même un défenseur des droits de l’Homme impuissant et complice ! Jouant avec une ironie mordante des codes de la fameuse âme russe, sentimentalisme exacerbé, violence permanente, fatalisme, il dénonce cette forme d’annihilation et de déshumanisation qui s’est emparée d’une Russie toujours sous l’emprise des fantômes du stalinisme. Ce constat culmine dans une scène onirique finale,  une farce théâtrale étonnante de causticité et de grotesque fellinien, où la femme douce fait face à un banquet au cours duquel chacun des  protagonistes délivre un toast à la gloire de la prison qu’est devenu le pays !  Vision hallucinatoire d’un pessimisme radical,  qui témoigne du sens de la mise en scène de Loznitsa, mais qu’il veut croire capable « de chasser les mauvais esprits, d’opposer une influence bénéfique susceptible de toucher l’âme des Russes ». Avec ce film impressionnant, Loznitsa s’inscrit dans la lignée d’un Gogol, d’un Dostoïveski ou d’un Tarkovski.

Séances : jeu 26/10 à 20h30, dim 29/10 à 20h30, lun 30/10 à 18h, jeu 2/11 à 18h, sam 4/11 à 16h et jeu 9/11 à 18h au cinéma Les Lobis.

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