A l'affiche

SANS ADIEU >> Du 16 au 27 novembre


SANS ADIEU

de Christophe Agou

France, 2017, 1h39
Sélection Acid, Cannes 2017

 



Dans le Forez, Claudette, 75 ans, et ses voisins paysans comme elle, sentent bien que la société consumériste les ignore tout en grignotant ce qui leur reste de patrimoine et de savoir-faire. Mais tous ne sont pas du genre à se laisser faire. Une magnifique peinture d’une humanité debout..


Le mot de Ciné'fil

Le Forez au centre de la France fut cette terre idéalisée par Honoré d’Urfé, qui « en sa petitesse contient ce qu’il y a de plus rare au reste des Gaules ».
Le Forez c’est une campagne austère et belle, ces montagnes du soir où le grand photographe Christophe Agou mort prématurément en 2016 a passé son enfance et où il est retourné régulièrement se ressourcer en filmant pendant une quinzaine d’années de vieux agriculteurs dans leur quotidien. Avec une tendresse et une douceur vibrantes, sa caméra a accompagné ces vies minuscules comme le dirait Pierre Michon, filmant leur quotidien qui résiste vaille que vaille à la modernité et à ses effets pervers.
C’est Claudette, ses soixante-quinze ans ses beaux yeux bleus et sa rage de survivre, se battant contre les organisations agricoles qui veulent l’obliger à vendre ses terres à un voyou. C’est Jean Clément, si bouleversant dans son impuissance à lutter contre l’abattage de ses vaches, si digne dans sa douleur et qui tient serrée fort la main de sa femme pour ne pas faiblir quand on les emmène. Et le réalisateur nous convie avec pudeur et délicatesse à la toilette ou au repas de ces paysans beaux et nobles comme des peintures de Le Nain.  Il y a Mathilde avec son short et ses amants enfuis, Christiane qui ne comprend plus rien à cette société et aussi les vaches qu’on appelle les filles, les poules qu’on cherche en criant contre le chien Titi qu’on engueule comme un vieux mari.
Christophe Agou qui avait déjà publié un livre de photos sur ces paysans au beau visage d’humains nous offre un monde organique et vif comme les hivers, la beauté des brumes du Forez, des images nappées de brouillard, de neige et de vie mêlées accompagnées par la musique atmosphérique du leader des Tinderstiks. Le film mérite bien cette Mouette d’argent remise lors du festival international du film culte de Trouville.


En savoir plus

Lire « À propos de Sans Adieu, paroles de cinéastes, de spectateurs, de programmateur » par L'Acid >>
Lire « La fin de carrière truculente d'une fin de carrière paysanne » par Le Monde >>
Voir site officiel (bande annonce et téléchargement) >>


Séances
: jeu 16/11 à 20h30, ven 17/11 à 18h, sam 18/11 à 16h, dim 19/11 à 20h30, jeu 23/11 à 18h, lun 27/11 à 18h au cinéma Les Lobis.

DES LOIS ET DES HOMMES >> Du 20 novembre au 1er décembre


DES LOIS ET DES HOMMES

de Loïc Jourdain

France, Irlande, 2017, 1h30, vostf

Ciné Débat sur le thème  « Pour une Europe plus solidaire »
lundi 20 novembre à 20h30 au cinéma Les Lobis
dans le cadre du Festival des Solidarités et du Mois du documentaire,
en partenariat avec Europe ensemble.

Intervenants :
> Philippe Boisneau, représentant du Comité national de la pêche professionnelle
en eau douce (Conapped)
>
Benoît Bloissère, chargé d'études et de publications de l'association Sauvons l'Europe.

 



Sur l’île irlandaise d’Inishboffin on est pêcheurs de père en fils. Alors, quand une nouvelle réglementation de l’Union Européenne prive John O’Brien de son mode de vie ancestral, il prend la tête d’une croisade pour faire valoir le simple droit des autochtones à vivre de leurs ressources traditionnelles. Fédérant ONG, pêcheurs de toute l’Europe et simples citoyens, John va braver pendant 8 ans les lobbies industriels et prouver, des côtes du Donegal aux couloirs de Bruxelles, qu’une autre Europe est possible..

Ce film est soutenu par de nombreuses associations nationales (Les économistes atterrés, Sauvons l'Europe, ATTAC, la Confédérations paysannes, La Ligue des Droits de l'Homme, Oxfam, etc.). Lire leurs argumentaires >>

 

Le mot de Ciné'fil

Le combat de John O’Brien contre les lobbies industriels et ces lois qui lui ont tout enlevé durera huit ans. Huit années de luttes qui le mèneront jusqu’au Parlement à Bruxelles, avec l’aide d’insulaires, d’experts internationaux et d’O.N.G. À travers son histoire, cet excellent documentaire dévoile aussi celle d’une communauté, d’un pays et de l’Europe entière.
Tel David contre Goliath, John O’Brien s’est lancé au cœur de la nouvelle réforme de la Politique commune des Pêches à Bruxelles. Il n’est pourtant pas décrit comme un héros mais simplement comme quelqu’un qui cherche avec persévérance à comprendre ce qui lui arrive et lutte pour continuer à vivre comme avant.
Ce film positif interpelle et permet de mieux comprendre les rouages de la machine législative européenne. Loin des images souvent manichéennes véhiculées par les médias ou les opposants à l’U.E., le Parlement Européen y est montré comme un lieu de débats où les grosses entreprises pèsent certes plus dans les négociations, mais où les petits peuvent aussi être représentés et écoutés. Happy end garanti !
Ce film prouve à quel point il est important que vive le documentaire, capable de faire émerger des réalités négligées par des médias bousculés par une actualité expéditive et sans nuances.


En savoir plus

Consulter le site officiel >>
Écouter un entretien avec le réalisateur dans « Par les temps qui courent » sur France Culture >>
Consulter le site d'Europe ensemble >>

Télécharger le programme du Festival des Solidarités >>

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Autres séances
: jeu 23/11 à 20h30, dim 26/11 à 20h30, jeu 30/11 à 18h et ven 1/12 à 18h au cinéma Les Lobis.

EN ATTENDANT LES HIRONDELLES >> CAP SUR LE MONDE >> Du 30 novembre au 10 décembre

 

 

EN ATTENDANT LES HIRONDELLES


de Karim Moussaoui


Avec Mohamed Djouhri, Sonia Mekkiou...
France, 2016, 1h53, vostf
Un certain regard, Cannes 2017
Ce film est soutenu par le GNCR


Séance samedi 9 décembre à 10h30

au cinéma Les Lobis dans le cadre du festival Cap sur le Monde.

Séance présentée par Thierry Méranger,

rédacteur aux Cahiers du cinéma, enseignant en option « cinéma » à Dreux

et directeur artistique du festival Cap sur le Monde.




Aujourd’hui, en Algérie, trois histoires, trois générations.Mourad, un promoteur immobilier, divorcé, sent que tout lui échappe. Aïcha, une jeune fille, est tiraillée entre son désir pour Djalil et un autre destin promis. Dahman, un neurologue, est soudainement rattrapé par son passé, à la veille de son mariage. Dans les remous de ces vies bousculées qui mettent chacun face à des choix décisifs, passé et présent se télescopent pour raconter l'Algérie contemporaine.


En attendant les hirondelles vu par Férid Boughedir pour Jeuneafrique.com

La nouveauté de l’approche de Karim Moussaoui est que dans « En attendant les hirondelles », tout est dit [...] par le cinéma : des regards qui se croisent, des silences qui durent, des scènes de violence et de délinquance, vues de loin, de très belles prises de vue, sans paroles, d’immenses chantiers immobiliers toujours en construction, ou encore  de bidonvilles où survivent les oubliés d’un système autoritaire en vigueur depuis des décennies, font que le spectateur découvre par lui-même, à travers ces trois court-métrages [...] une vision saisissante de l’Algérie contemporaine, toujours sous le poids d’un certain immobilisme qui pousse une grande partie de la jeunesse au désenchantement.
Mais, fort heureusement, c’est par le cinéma encore, que ce jeune cinéaste lucide qui croit dans la beauté et dans la force du sentiment amoureux pour faire évoluer les choses, nous montre dans son film que son espoir  personnel de libération de cette paralysie générale passe par la vitalité de la jeunesse algérienne. Lire l'article dans son intégralité >>


En savoir plus

Tout savoir sur le film en un seul clique grâce au GNCR >>
Voir un entretien avec le réalisateur par Arte >>
Lire la critique du Monde >>


Séances
: jeu 30/11 à 20h30, sam 2/12 à 16h, dim 3/12 à 20h30, lun 4/12 à 18h, sam 9/12 à 10h30, dim 10/12 à 20h30 au cinéma Les Lobis.


ROUES LIBRES >> Les 24 et 25 novembre


ROUES LIBRES

d’Attila Till

Avec Zoltán Fenyvesi, Szabolcs Thuróczy, Ádám Fekete...
Hongrie, 2016, 1h42, vostf
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 



Rencontre improbable entre trois hommes en fauteuil roulant redonne à chacun goût à la vie. Surtout quand l’un d’eux décide d'utiliser leur handicap comme couverture pour se mettre au service de la mafia locale... Une comédie noire et incorrecte, rythmée comme un film d’action et mise en scène comme une bande dessinée !.

Ce film est programmé dans le cadre du festival bdBOUM du 24 au 26 novembre à Blois.

 

Le mot de Ciné'fil

Oui, oui ! Il était déjà à l’affiche au mois de juin dernier. Ciné’fil vous offre à nouveau une chance de voir cette revigorante comédie d’action, et ce pour deux raisons. D’une, vous êtes peu à avoir profité de sa diffusion estivale, or les happy-few en font d’excellents retours ! De deux, le festival bdBOUM est une excellente occasion de mettre en lumière un aspect du film : l’usage inédit de la bande dessinée dans la narration du film. Car l’un de nos trois Pieds Nickelés s’adonne à cet art...

Ruspaszov, ancien pompier, est en fauteuil roulant depuis trois ans suite à un accident de travail. Le cynisme et l’alcool l’aident de moins en moins à supporter son état. Un jour, le hasard met sur sa route deux adolescents également frappés par des handicaps : Zolika, passionné de bande dessinée et Barba Papa, qui se parfume toujours au cas où il croiserait une fille. Leur rencontre improbable redonnera à chacun goût à la vie. Surtout quand Rupaszov, se mettant au service du chef de la mafia locale, décide d’utiliser leur handicap comme couverture...
Outre un humour, forcément très noir, Roues libres pose un regard sans tabou, sans complaisance ni misérabilisme sur la condition de personne handicapée. Roues Libres réussit le pari de nous faire rire d’eux avec eux, d’autant plus que les rôles de Zolika et Barba sont interprétés par de vrais acteurs handicapés. Cela ancre d’autant plus le récit dans le réel et dans sa volonté de dépeindre la réalité des difficultés liées au handicap.
C’est une comédie noire parsemée de dialogues incorrects, d’acteurs « à gueule » et d’explosions de violence jubilatoires. Un « buddy movie » chargé d’émotion à travers l’histoire d’un garçon qui recherche la figure paternelle et d’un adulte qui essaye de reconstruire sa vie après avoir tout perdu.
Pour toutes ces raison Roues Libres est clairement une vraie bonne surprise cinématographique à ne pas rater, car cette fois c’est votre dernière chance !


En savoir plus

Lire la revue de presse Allociné >>
Voir la bande annonce >>


Séances : ven 24/11 à 18h, sam 25/11 à 16h au cinéma Les Lobis.


NUAGES ÉPARS >> CAP SUR LE MONDE >> Du 4 au 14 décembre


NUAGES ÉPARS


de Mikio Naruse

Avec Yûzô Kayama, Yôko Tsukasa...

Japon, 1967, 1h48, vostf

Séance mardi 5 décembre à 20h30 au cinéma Les Lobis

dans le cadre du festival Cap sur le Monde et de Au fil des bobines

et en partenariat avec l'UTL.

Séance présentée par Pascal-Alex Vincent,

cinéaste et enseignant à la Sorbonne Nouvelle

et auteur de L'âge d'or du cinéma japonais (éditions Carlotta Films, 2016).

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Yumiko Eda et son mari Hiroshi se préparent à partir vivre aux Etats-Unis. Dans quelques mois, la jeune femme enceinte donnera naissance à leur premier enfant. Mais Hiroshi, renversé par une voiture, meurt subitement. Rongé par le remords, Shiro Mishima, le responsable de l'accident, décide de verser une pension à la jeune veuve et de maintenir le contact avec elle...

Mélodrame en couleurs et dernier film de Mikio Naruse, Nuages épars est le chant du cygne de l'âge d'or du cinéma japonais, tout en délicatesse et émotion contenue. Une œuvre majeure pour un grand cinéaste, que l'on ne finit pas de redécouvrir.



Nuages épars vu par Critikat

Peintre des humeurs et des climats, le cinéaste a tout au long de sa carrière saisi des états passagers, des personnages soumis aux variations de l’âme et du cœur, entre orages intérieurs et soudaines éclaircies. Son ultime opus ne fait pas exception, et Naruse cueille d’emblée le spectateur en soufflant le chaud et le froid. Yumiko a rendez-vous dans un café avec son mari Hiroki. Elle attend un enfant, il vient d’obtenir un poste important à Washington. Tous deux nagent dans le bonheur et s’apprêtent à partir ensemble. Les premières images nous plongent dans une atmosphère souriante et colorée, rappelant par endroits le Bonjour de Yasujirô Ozu : les enfants imitent les codes de la télévision pendant que les adultes parcourent des manuels d’anglais, dans un Japon de plus en plus tourné vers l’Occident. Mais ce début en trompe-l’œil se dissipe vite, car dès la septième minute un coup de téléphone nous apprend la mort d’Hiroki, tué dans un accident de la route. Cette disparition réduit à néant les rêves de l’héroïne et le récit vire brutalement au mélodrame.
Court-circuitant le scénario attendu – deuil, acceptation et résilience – Naruse développe une intrigue plus troublante, confrontant la jeune veuve à une situation inextricable. Lors de la cérémonie funéraire, le conducteur impliqué dans le drame vient présenter ses condoléances, suscitant l’indignation de la famille. Pourtant Shiro se révèle un homme sensible et tourmenté, bien loin du chauffard présumé. [...] Peu à peu naît toutefois une attirance confuse entre ces deux êtres meurtris, reliés et séparés par le fantôme de l’époux, qui ne saurait complètement s’effacer… Lire la critique complète >>


En savoir plus

Le site officiel >>
Lire la critique de Libération >>
Télécharger le programme de l'UTL sur le Japon >>

 

Autres séances : lun 11/12 à 18h, jeu 14/12 à 18h, ven 15/12 à 18h au cinéma Les Lobis.